Cette fois, cest bon. Tout y est. Je suis là, assise sur une table, ma grand-mère finit lourlet de ma robe afin que je sois impeccable pour le « grand moment » comme elles disent toutes. Elles, ce sont mes tantes, les vipères, toutes dans cette même pièce que moi, paillant plus fort les unes que les autres, certaines ravies, dautres méchantes, mais toutes se fichent pas mal de savoir comment je vis cet instant que toute femme attend. Ma mère, dans son coin, me regarde, visiblement amusée de me voir faire « la plus belle connerie de toute ma vie ». Ah jen ai fait des bêtises, tout quitter famille, amis, boulot pour travailler dans la brasserie dune ville paumée juste pour me rapprocher de toi, qui quelques semaines auparavant venait de me faire future maman. Puis le temps est passé, nous avons eu Tommy, nous avons appris à devenir fidèle, chose qui ne fut vraiment pas facile mais un beau jour, calme, tu mas demandée en mariage. Et moi, devenue bonne mère et compagne modèle, jai accepté de la façon la plus naturelle.
Avec mes deux meilleures amies, nous avions tout préparé : date, lieu, robe, buffet, dortoir Elles avaient même accepté dêtres mes demoiselles dhonneur. Tout était parfait, tout allait à merveille. Le bonheur au bout des doigts
Tu parles ! Cétait sans compter sur ces vipères ! Dans mon dos, elles avaient tout changé : finalement, nous devions aller à léglise, ça se passait dans cette ville que javais pu fuir grâce à toi et je lai vue, cette saleté de vipère n°1, pousser notre fils pour quil renverse son jus de groseille sur ma robe afin que je sois obligée de mettre celle quelle mavait faite : Une espèce de meringue en dentelles 100% polyester Je ne me laisserai pas faire, cest le bas de la robe qui est taché, un grand coup deau dessus, avec la chaleur qui règne dans cette pièce, elle sera vite sèche. Non, le coup du jus de groseille nest rien. Je me contenterai de claquer vipère n°1 contre une porte pour venger Tommy.
Le problème, cest le coup de la demoiselle dhonneur. Et me voilà qui hurle que je veux ma Caroline en demoiselle dhonneur comme il était prévu ! Cest mon amie, je la veux à mes côtés Mais vipère n°2 en a décidé autrement et me refourgue dans une robe que je navais même pas choisit cette saleté de Martine lex petite amie de Paul, le fiancé de ma Caro.
Et je hurle encore : Non ! Ce nest pas ma Caro, je veux ma Caro !
Et Vipère n°2 de répondre : Tu as demandé la future madame Pontier, et bien la voilà !
Je ne sais plus quoi répondre, cest impossible... Hier encore, nous étions avec eux, tout allait bien. Tu avais même charrié Caroline car elle allait mettre une robe.
Je dois prendre une décision Première étape : envoyé Tommy te voir et demander un temps mort. Ferme les yeux, je débarque dans léglise !
Deuxième étape : trouver ma demoiselle dhonneur manquante A droite, ta famille, tes amis, tes collègues aucune trace de Caroline. A gauche, ma famille (beaucoup de trous les déserteurs !), mes amis (mon dieu, cest carnaval !) et mes collègues (2 vieilles dans des robes à fleurs) toujours pas de Caroline. Je me retourne et AAAAAH ! Elle est là ! Les yeux rouges davoir pleuré, dans un survêtement noir avec une bande rose fluo et des tongs oranges. Les cheveux hirsutes elle me trouve « superbe dans cette robe. Dommage quelle soit trempée » puis elle membrasse, regarde ses tongs oranges et me demande : « cest assez classe pour ton mariage ? »
Et pendant que dans un éclat de rire, ta main posée sur ma hanche, je lui répond quelle est superbe, je me réveille.