Lundi 25 avril 2005

Cette fois, c’est bon. Tout y est. Je suis là, assise sur une table, ma grand-mère finit l’ourlet de ma robe afin que je sois impeccable pour le « grand moment » comme elles disent toutes. Elles, ce sont mes tantes, les vipères, toutes dans cette même pièce que moi, paillant plus fort les unes que les autres, certaines ravies, d’autres méchantes, mais toutes se fichent pas mal de savoir comment je vis cet instant que toute femme attend. Ma mère, dans son coin, me regarde, visiblement amusée de me voir faire « la plus belle connerie de toute ma vie ». Ah j’en ai fait des bêtises, tout quitter famille, amis, boulot pour travailler dans la brasserie d’une ville paumée juste pour me rapprocher de toi, qui quelques semaines auparavant venait de me faire future maman. Puis le temps est passé, nous avons eu Tommy, nous avons appris à devenir fidèle, chose qui ne fut vraiment pas facile mais un beau jour, calme, tu m’as demandée en mariage. Et moi, devenue bonne mère et compagne modèle, j’ai accepté de la façon la plus naturelle.

Avec mes deux meilleures amies, nous avions tout préparé : date, lieu, robe, buffet, dortoir… Elles avaient même accepté d’êtres mes demoiselles d’honneur. Tout était parfait, tout allait à merveille. Le bonheur au bout des doigts…

Tu parles ! C’était sans compter sur ces vipères ! Dans mon dos, elles avaient tout changé : finalement, nous devions aller à l’église, ça se passait dans cette ville que j’avais pu fuir grâce à toi et je l’ai vue, cette saleté de vipère n°1, pousser notre fils pour qu’il renverse son jus de groseille sur ma robe afin que je sois obligée de mettre celle qu’elle m’avait faite : Une espèce de meringue en dentelles 100% polyester… Je ne me laisserai pas faire, c’est le bas de la robe qui est taché, un grand coup d’eau dessus, avec la chaleur qui règne dans cette pièce, elle sera vite sèche. Non, le coup du jus de groseille n’est rien. Je me contenterai de claquer vipère n°1 contre une porte pour venger Tommy.

Le problème, c’est le coup de la demoiselle d’honneur. Et me voilà qui hurle que je veux ma Caroline en demoiselle d’honneur comme il était prévu ! C’est mon amie, je la veux à mes côtés… Mais vipère n°2 en a décidé autrement et me refourgue dans une robe que je n’avais même pas choisit cette saleté de Martine l’ex petite amie de Paul, le fiancé de ma Caro.

Et je hurle encore : Non ! Ce n’est pas ma Caro, je veux ma Caro !

Et Vipère n°2 de répondre : Tu as demandé la future madame Pontier, et bien la voilà !

Je ne sais plus quoi répondre, c’est impossible... Hier encore, nous étions avec eux, tout allait bien. Tu avais même charrié Caroline car elle allait mettre une robe.

Je dois prendre une décision… Première étape : envoyé Tommy te voir et demander un temps mort. Ferme les yeux, je débarque dans l’église !

Deuxième étape : trouver ma demoiselle d’honneur manquante… A droite, ta famille, tes amis, tes collègues… aucune trace de Caroline. A gauche, ma famille (beaucoup de trous… les déserteurs !), mes amis (mon dieu, c’est carnaval !) et mes collègues (2 vieilles dans des robes à fleurs) toujours pas de Caroline. Je me retourne et AAAAAH ! Elle est là ! Les yeux rouges d’avoir pleuré, dans un survêtement noir avec une bande rose fluo et des tongs oranges. Les cheveux hirsutes elle me trouve « superbe dans cette robe. Dommage qu’elle soit trempée » puis elle m’embrasse, regarde ses tongs oranges et me demande : « c’est assez classe pour ton mariage ? »

Et pendant que dans un éclat de rire, ta main posée sur ma hanche, je lui répond qu’elle est superbe, je me réveille.

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Commentaires

encore...
commentaire n° : 1 posté par : ninette (site web) le: 25/04/2005 16:49:55
ce jour là je ferais garde du corps et j'empêcherais le jus de groseille de t'atteindre
commentaire n° : 2 posté par : Titemag (site web) le: 25/04/2005 19:25:58

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