Vendredi 22 avril 2005

Fin août 2003, Suzy la timide introvertie (moi) part faire les vendanges chez M********* dans le but de s’y faire un peu de fric et acheter du champagne pour la grande fête de ses 20ans.

Très vite, je me suis retrouvée plongée dans le bain, ou plutôt dans l’odeur de Ricard au fond du bus : J***-M***** et G*****, 2 amis de ma mère commençaient dès l’aube à se faire une haleine de réglisse. Plutôt gentils, les 2 hommes sont venus me voir, m’ont proposé un verre que j’ai refusé, évidemment (bouh la petite pépette délicate qui ne boit pas et qui lit du Paolo Coelho…) puis ont entamé la conversation…
« C’est toi la puce ? T’es bien la fille d’A*** ?
- Bah euh…. Oui…
- Ouaaaaiiis ! Hey les gars ! Regardez ! c’est Pupuce, la fille de Charly ! Vous savez, quand on l’a connue, elle n’était pas plus haute qu’une bouteille de Jenlain ! Mais alors je vous préviens tout de suite, le premier qui la touche, le premier qui s’en prend à elle, il fini au pressoir !
- Euh, c’est gentil J***-M*****, mais je sais me défendre…
- Ouais bah on verra ça au bar… Tiens, je te présente T**, brave petit gars pile poil comme il te faut… »
Evidemment, je me suis mise à rougir instantanément… Une bonne entente venait de naître…
Très vite j’ai regretté que J***-M***** ai mis en garde tout le monde dès Wimereux… J’aurais tellement aimé qu’il le fasse à Cambrai, quand les gueux sont arrivés.
Qui sont les gueux ? Rhaaa les fameux gueux… L’ennemie jurée de ma mère et sa famille (fils, fille, gendre et 2 amies de la fille), la si célèbre C******* !
Evidemment, histoire de bien marquer le coup, je me suis retrouvée à faire équipe avec l’une des amies de la fille avec qui, très vite, les hostilités ont débuté. Histoire de cerner le personnage, faisons un rapide portrait : petite, plus large que haute, tête de mec, débardeur nombril à l’air et soutien gorge apparent, pantalon de jogging à pressions, voix de poissonnière, répertoire musical encore plus paillard que le carnaval de dunkerque et le meilleur pour la fin, le visage de Mike Brant tatoué en bleu sur le bras ! Avec autographe !
Et ce tatouage fut la goûte d’eau… Pendant 6 jours j’ai supporté ses commentaires obscènes, ses vulgarités, je faisais le boulot toute seule car madame papotait avec ses amies… Puis il y a eu ce jour, ce fameux jour de soleil après 6 jours de pluie à devoir abandonner ses bottes dans la boue car enlisées, à me les geler car C******* m’avait volé mon imperméable (connasse), à manger de cet affreux pâté à 10 heures du matin parce que Mike Brant m’avait piqué mon sandwich à la confiture… Ce merveilleux jour, ce jour béni des dieux de la vinasse où j’ai pété mon câble, où j’ai enfin osé l’ouvrir, parler plus fort que les autres, où j’ai OSE PARLER AUX AUTRES ! Ce grand jour où j’ai grandi, où j’ai découvert que l’on été doté de la parole pour autre chose que pour dire « bonjour, pardon, oui, merci, au revoir »… Ce jour là, j’ai prononcé LA phrase qui me libera des chaînes de ma timidité, et qui faillit écourter ma vie de façon fulgurante :
« Oh putain les gars j’ai peur ! Y’a Mike Brant qui me regarde ! » Evidemment tout le monde a rit, sauf les gueuses, les gueux mâles n’ayant pas compris. Je n’ai pas eu le temps de savourer cette délivrance que Mike Brant se redressa de tout son mètre 40 et tenta, dans un bond digne de Moby Dick, de m’étrangler en passant par-dessus notre vigne. Heureusement, T** et G***** se sont chargé de me protéger et les porteurs, J***-m*****, M****** et D***** (qui m’a énormément aidé à tenir le coup, car lui aussi la supportait) ont ceinturé la baleine en attendant qu’elle se calme. Et ils n'étaient pas trop de trois...

Je ne dirais pas que l’ambiance se soit arrangée entre elle et moi, mais avec le reste de l’équipe, c’est devenu hilarant… On ma balancée dans une caisse de raisin pour le tasser, on m’a écrasé une grappe en plein visage, j’ai d’ailleurs découvert une allergie à la feuille de vigne, j’ai appris des tas de chansons affreuses, j’ai été massée par T** de façon très... hum... enfin voilà... j’ai récupéré G***** ivre sous la douche, passé une nuit à mettre My**** dans son lit (mais elle en ressortait à chaque fois…), on m’a aspergée de mousse à raser aux extraits d’ortie blanche, dont je suis allergique, je me suis pété la voix à chanter sur une table pour avoir de la bière gratuite, dansé un slow ventouse avec le patron que j’ai du ensuite recoucher tant bien que mal dans le lit de sa chère et tendre tellement il était ivre, j’ai vu les brancardiers de l’hôpital de B*******/mer travestis faisant les putes dans les rues du bled et j’ai pris ma première cuite ! Une demie Jenlain et Suzy K.O.
C’est dans cet état des plus seconds que j’ai enfin osé poser la question qui me titillait depuis pas mal d’année :
« Dis tonton G*****, pourquoi vous appelez ma mère Charly ?
- Bah… par ce que Charles Manson ça faisait trop long, voyons… »
Je ne suis pas certaine que cette réponse me rassure vraiment…

par suzybellule publié dans : Souvenirs
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Commentaires

Juste un petit commentaire pour te dire (encore et toujours...) que c'est un réel plaisir de te lire, d'ailleurs, à chaque fois, ça me met en retard.... grrrrrrr
commentaire n° : 1 posté par : ninette (site web) le: 22/04/2005 14:57:18
j'ai les cotes douloureuses !!! quel plaisir de commencer une grosse journée de boulot avec toi !!! le ministre va bien ?
commentaire n° : 2 posté par : isis (site web) le: 23/04/2005 08:38:56

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