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Jeudi 3 février 2005

C’était un de ces vieux cirques traditionnels, avec ses forains et ses manèges tout autour. Les carrioles formaient les chemins menant aux différents manèges et ici et là, dans les creux de ces murs de fortune l’on pouvait assister à différents spectacles. Les cracheurs de feu effrayaient, les jongleurs amusaient, les musiciens enchantaient. Bien souvent la promenade de la foule était interrompue par le passage d’un éléphant coiffé de plumes, d’un âne traînant des enfants dans sa charrette, ou encore un de ces ours malin, vêtu de pantalons à bretelles et jouant avec la casquette de son dresseur. Des forains déambulaient sans but parmi enfants et parents émerveillés, le petit singe sur l’épaule, le violon sous le menton ou les bras chargés de costumes d’acrobates.

Ce paysage n’avait pas d’époque, ce cirque était hors du temps. Tout semblait si ancien, des antiquités de sorties pour un dernier hommage au cirque d’entant. Mais tout semblait naturel, les gens n’étaient pas surpris par tant de merveilles vieillies qui de plus, semblaient ne pas avoir eu à subir les ravages des années. Non, ce cirque était à la fois ancien et actuel. Il semblait avoir sa place, rien ne dénotait…

 

A part ce carrousel qui, lui, souffrait manifestement de son âge avancé. Les peintures s’écaillaient, sa ronde n’était plus régulière mais cela importait peu. Il tournait, certes à l’envers, mais il tournait. Et ce n’était pas ce qui me chagrinait le plus à son sujet. Les couleurs, passées, étaient là, les angelots sur le « ciel » du manège fidèles à leur poste mais les chevaux étaient tristes, les carrosses recouverts de ronces fanées et les lutins porteurs de hottes dans lesquels s’asseyaient les enfants, se tordaient de douleur, le visage creux, sals et les vêtements déchirés sous les coups de fouet.

Et cette musique, sinistre mélodie d’un Theremine, aigue et chevrotante, lancinante qui torture nos tympans tel un étau. Pourtant tout le monde semblait heureux : les enfants tentaient d’attraper le fameux pompon suspendu, symbole d’un tour gratuit sous le regard de leurs parents, enchantés de voir ainsi leur rejeton tourner à l’envers au rythme d’une mélodie macabre.

 

Instinctivement j’ai tendu le bras vers le pompon et me suis retrouvée en possession de ce trésor. Je ne me savais pas si près du carrousel. Qu’allais-je donc bien pouvoir faire d’un… non, deux tours gratuits de manège ? Je n’avais pas attrapé un pompon mais deux, deux pompons géants de rideau, formés d’un nœud et d’une queue de fils, rouge sang pour le premier, jaune vif pour le second. Encore surprise de ma récolte, je suis allée voir la jeune fille responsable du manège afin de les lui rendre, évidemment sans rien en échange, mais elle me tendit tout de même deux petits ronds de tissu recouvert de poils, d’environ cinq centimètres, l’un rouge, l’autre jaune. Ils ne ressemblaient en rien aux tickets qu’elle vendait mais à peine avais-je eu le temps de m’en rendre compte qu’elle était déjà retournée à ses occupations. J’ai eu beau l’appeler aussi fort que je pouvais, elle ne s’est jamais retournée, ma voix étant couverte par les rires des enfants et le theremine…

 

J’ai repris ma balade, mes deux bouts de tissu à la main avec l’espoir de croiser quelqu’un du cirque capable de me dire à quoi ils correspondaient. S’ils étaient vraiment des tickets de manège, j’avais décidé de les donner à un jongleur ou un marionnettiste qui les aurait offert à l’enfant au regard le plus pétillant devant son spectacle.

La seule personne sur mon chemin fut ce clown vendeur de ballons, dans sa large combinaison bleue et jaune, très pâle. J’ai peur des clowns… Ces hommes sans forme dans leur costume, le visage grimé aux traits inhumains m’inquiètent. Leurs sourires sont plus des grimaces qu’autre chose. Et celui-ci m’attendait, c’était certain. De son regard froid il me fixait et je retrouvais dans ses yeux ce malaise qui m’avait envahie depuis le début de ma visite. Il avait du me suivre tout ce temps et maintenant que j’avais besoin de renseignements, il se manifestait. Je ne pouvais pas continuer mon chemin sans être confrontée à cet étrange personnage. Il se tenait là, en plein milieu du chemin et me regardait avec tellement d’insistance que je ne pouvais pas ne pas le regarder.

Prudente, les doigts crispés sur mes ronds poilus, je me suis approchée de lui, le sourire tatoué sur le visage, espérant qu’il ne voit pas ma peur. Mais un peu comme les animaux, plus on a peur d’eux et plus ils deviennent menaçants, le clown fonça droit sur moi, l’air mauvais et commença à me pousser à coup d’index sur l’épaule. Il m’enguirlanda dans une langue que je ne connaissais pas, avec l’air de plus en plus méchant. Ses gestes devenaient violents, ils criait de plus en plus et ne mis pas longtemps à me plaquer contre un mur. J’étais terrifiée, personne autour ne bronchait, un clown m’agressait et tout le monde trouvait ça normal. Je ne pouvais pas me défendre, je suis pétrifiée devant un clown.

Puis son regard perdit sa violence pour adopter une expression de folie. D’un rire gras et hystérique il se mit à sautiller et à tourner sur lui-même. Je ne sais pas si ce changement de comportement était rassurant. Il restait quand même un clown, et je me méfie d’eux comme de la peste.

Je pensais être enfin tranquille, libérée de mon oppresseur mais à peine avais-je bougé qu’il se jeta sur moi, balançant sa tête comme un chien fou et hurlant : « Ha ha ha ! C’est pour la télévision !!! »

La télévision. Ici. Qu’est-ce qu’elle vient fouttre dans ce monde ? Je ne sais même pas si elle existe déjà ici…

 

J’ai fini par me débarrasser de mon clown. Des enfants ont voulu des ballons et il a du retourner travailler. Mais je ne savais toujours pas à quoi servaient ces deux bouts de tissus.

J’ai continué mon chemin, là où il n’y avait plus de public. Les carrioles n’étaient plus les mêmes. L’allure foraine avait laissé le devant de la scène à un environnement plus western. Des minis ranch sur roues, des clairières vides et un hangar, loin derrière que je voyais à peine. La nuit avait fini par tomber, les sons de la fête derrière moi s’étaient adoucis, comme fatigués. Le ciel était d’ébène, le sol ocre et les bâtiments (si on peut dire) étaient bruns.

A la porte d’une caravane, cette même jeune femme du carrousel. Qui de mieux qu’elle pour me donner une explication ? Le sourire revenu, le pas ferme et enjoué, il ne m’a fallu que quelques secondes pour la rejoindre… Juste à temps pour l’empêcher de tomber. A moitié inconsciente, ses seules paroles furent « c’est le 47… » Puis elle s’évanouit. 47… La seule chose qui pouvait correspondre était cette autre caravane numérotée 47, miteuse, aux joints de vitres couverts de mousse et gonds de porte rouillés. Les rideaux à moitié tombés, les vitres sales, je ne pouvais voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Le visage collé au carreau, en espérant pouvoir m’en décoller après, j’essayais en vain de voir quelqu’un, cette ombre lente qui s’affairait au centre de la pièce.

 

Nous avons tous un jour, des certitudes des plus étranges et ce jour là, dans cet environnement loufoque, des multitudes de petites voix me hurlaient que 47 était mauvais, que seul monsieur Loyal pouvait m’aider. Et qu’est-ce que je peux détester ce destin qui me montre tout du doigt. Tout semblait si évident, les petites voix dictaient la marche à suivre et les protagonistes, ces caricatures de personnalités apparaissaient toujours au bon moment. Leur entrée était à la seconde près. Désormais, il y avait un drame, cette jeune femme évanouie qui avait besoin d’aide, un méchant, et la phrase de monsieur Loyal, haletant et furieux : « Les salops ! Ils ont pris la seule voiture de la troupe ! Maudis magiciens, ils font tout disparaître ! ».

 

Plus loin, des hurlements. Le hangar était habillé d’un halo doré, majestueux et doux. Les flammes dansaient sur le toit, une parade romanesque entre deux êtres d’or, indécis mais dépendants l’un de l’autre. Ils s’enlaçaient, se dominaient, l’un puis l’autre, pour ne former plus qu’un, une seule et immense flamme inquiétante, maîtresse d’un hangar fuit par une horde de chevaux. Les hommes, les plus forts, partirent éteindre le feu, nous laissant là, monsieur Loyal, en pleurs près de sa belle endormie, un nain clown triste et l’habitant de la caravane 47, tentant en vain de sortir, titubant, affolé. Personne ne s’est soucié de lui, 47 était mauvais, c’était mon clown aux ballons.

J’avoue, j’étais perdue. Je n’avais rien à faire ici, je voulais juste qu’on me dise ce qu’étaient mes ronds rouge et jaune. Je restais là, inquiète, sans trop savoir quoi faire, jusqu’au réveil de mon clown hystérique, toujours aussi fou. « Demande à Mannie qu’il nous donne un Quade ou une moto ! Il nous doit bien ça ! »

Mannie ? Un Quade ? Et pourquoi je ne suis pas surprise de voir à côté de moi ce magasin « Mannie Sport » ? La boutique se composait de deux parties : un hall d’exposition, bondé de MotoCross et de Quade, et d’une arrière boutique, séparée par d’immenses étagères. Et moi, paniquée, je hurlais : « Mannie ! Mannie on a besoin d’aide ! » Pas de réponses. La peur laissa place à la haine… « Mannie ! Montre toi tout de suite ! Je te préviens, si tu ne viens pas je prends n’importe quel véhicule ! Et je te préviens Mannie, je n’ai pas le permis ! »

Tout ce que j’ai eu pour réponse fut un « Laisse tomber, il n’est plus là. Il est parti. Ils partent tous. ». Monsieur Loyal, fatigué et défaitiste tenait la main du clown triste qui me tendit son autre main. J’étais quelque peu dépitée face à tant d’impuissance. Je donnai alors la main à ce petit clown, oubliant ma phobie. Nous ne pouvions rien faire, j’en avais désormais conscience et j’adoptais le même air vaincue que mes compagnons. Nous ne pouvions pas sauver la jeune femme et le feu allait tout détruire.

 

Nous sortîmes de l’arrière boutique, la tête basse et les pieds traînant. Je ne sais par quelle magie, nous nous sommes retrouvés dans une sorte de vieille brasserie crasseuse. Quatre hommes étaient assis à une table, contre la fenêtre. Trois d’entre eux étaient couverts de suie et expliquèrent qu’ils avaient éteint le feu mais que le hangar était détruit. Les chevaux s’étaient enfuis et étaient introuvables. J’étais surprise par cette réaction. Les chevaux s’étaient sauvés mais ils n’essayaient pas de les retrouver. A leurs yeux, ils étaient partis, perdus à tout jamais. Le quatrième homme, couvert de sang s’était battu avec le clown aux ballons et avait du le « punir ».

Une vieille dame en tenue d’acrobate, au maquillage sombre et coulant de larme m’offrit un verre de lait. Epuisée, je me suis littéralement affalée sur la banquette au skaï rouge craquelé, le long de la fenêtre. Et c’est là que je me rendis compte où nous étions. Il n’y avait plus de cirque, plus de foire. Juste une rue, humide et sombre. Nous étions rue Victor Hugo, à Boulogne-sur-mer. Des embruns s’étaient collés aux carreaux et je voyais à peine l’extérieur. Mais j’en étais certaine, nous étions bien à Boulogne, je reconnaissais bien ce carrefour où je manque bien souvent de me faire écraser tant les conducteurs boulonnais sont cons. Mais il y avait quelque chose d’étrange, au niveau de la rue Faidherbe : une voie ferrée trônait en plein milieu.

« Regardez ! Les voilà ! » Ma serveuse semblait surexcitée, assise sur les genoux de l’homme couvert de sang. Monsieur Loyal, droit comme un i et le visage froid, commença à se plaindre auprès de moi « C’est le gang des batraciens. On les a mis à la porte il y a trois ans à cause de leur machine…

- Quelle machine ? » Il resta muet. La porte de la brasserie s’ouvrit magistralement et trois hommes, vêtus de combinaisons moulantes en licra vert, les cheveux blonds, mouillés et plaqués en arrière, entrèrent le sourire aux lèvres. Crapaud, Garnoul et leur chef El Rainette. Ils vinrent s’asseoir auprès de nous, Le chef à côté de moi, ses deux comparses en face et se mirent à croasser avec monsieur Loyal. J’aurais du être étonnée devant un tel débat. Le croassement n’a jamais été une langue mais dans le fond, c’est le gang des batraciens, rien de plus normal pour des grenouilles de croasser.

Je m’abandonnais alors à la rêverie, la joue pausée sur le dossier de la banquette, les yeux errants sans but dans le carrefour. Une source lumineuse apparaissait et la brume devenait de plus en plus intense. Un train, lent, arrivait. Il commençait à faire son défilé de wagons lorsqu’il se stoppa net. Derrière moi, une voix roque au souffle doux, El Rainette, me parla : « Les effets de notre invention… Nous vouons avec le temps. »

Je n’en croyais pas mes yeux. Le train ne s’était pas arrêté, c’était le temps qui était immobile. Le gang des batraciens avait dépassé la fiction, une machine à remonter le temps existait. « Tu veux plus surprenant ? Regarde bien… » Le train fila à une vitesse affolante. Il était retourné de là où il venait, la rue était de nouveau calme et silencieuse… « Regarde encore… » Et le paysage extérieur tourna. La rue Victor Hugo disparut et je retrouvais la boutique de Mannie, le hangar en feu et les caravanes en bois. Dans la 47, l’ombre travaillait toujours. Puis le décor tourna de nouveau, le jour se leva sur le cirque, le carrousel, les magiciens, les jongleurs, l’ours habillé… « ARRÊTE CA ! »

Monsieur Loyale Tenait Le chef batracien à bout de bras, le collant au mur à dix centimètres du sol.

« Arrête ça tout de suite… » Le temps cessa de remonter et le décor revint à la rue Victor Hugo, au passage du train à une vitesse hallucinante. Le gang des batraciens se leva et, l’air moqueur, quitta la brasserie. La morosité reprit le dessus, mes compagnons plus sombres et plus tristes que jamais.

 

« Partons. Nous n’y pouvons plus rien. » Monsieur Loyal me serra dans ses bras. « Merci pour ce sursis. Allez va, il ne faut jamais rater son train ». Je ne comprenais rien. Mais à quoi bon… Une chose mystérieuse de plus ou de moins, ça n’avait plus aucune importance.

J’ai alors salué cette assistance dépitée puis je suis sortie. Au loin, j’entendais le rire fou du clown vendeur de ballon. Il me donnait froid dans le dos, ce qui m’aida vivement à me mettre en route. Je ne prends jamais le train pour rentrer chez moi mais à cette heure, il n’y avait aucun bus. J’ai alors remonté la rue faidherbe. Sous mes pieds, la voie ferrée s’effaçait progressivement. Tout en marchant, je frottais le sol, essayant de faire réapparaître les rails mais rien n’y faisait, cette voix n’existait déjà plus.

 

« Attend, ne part pas ! » Au loin, le tout petit clown triste courrait à en perdre haleine. « Je t’en pris reste.

- Pourquoi ? Nous ne pouvons rien faire et je suis plus une gêne qu’autre chose.

- Tu vas nous oublier.

- Après une telle journée, ça ne risque pas.

- Si… Tout le monde nous oublie.

- Mais monsieur Loyal m’a demandé de rentrer chez moi…

- Il ne veut pas que tu subisses notre sort. Les gens nous oublient alors nous disparaissons.

- Oh non… J’aimerais vous revoir.

- Il y a bien ce vieux train blanc. Tellement vieux que ses sièges sont des squelettes et qu’il n’a plus de vitres. Ce train va vers l’océan et traverse la mer des orques. Il défie les vagues, les dragons… Peu de gens osent le prendre. On dit que le voyage est tellement pénible que certains passagers ont préféré sauter dans la gueule d’un orque. Mais au bout du voyage, il y a une île rocailleuse, à l’abri de tout.

- Vous y serez ?

- Il ne faut jamais rater son train. File ! »

 

 

 

 

Je suis assise sur un banc attendant mon train. Monsieur Loyale avait peur que je le rate, il arrivera d’ici une demie heure. Je ne dois pas les oublier. Mais je ne sais même pas si tout ça était bien réel. Leur problème est peut être là. Ils deviennent irréels et tel un conte pour nous endormir, on les oublie avec le temps.

Alors j’écris mon histoire. Il ne se passe rien, c’est bien le drame de ma vie. Mais je me dois de parler d’eux. Non pas pour témoigner, juste pour ne pas oublier. Ne pas oublier ces forains, les petits singes, l’ours, la jeune femme au carrousel macabre, le vendeur de ballons, monsieur Loyal, le clown triste, la vieille acrobate… Après une telle journée, comment oublier ces tendres fous ? Et si j’avais rêvé tout ça ? Les croire réels est peut être preuve que je suis aussi folle qu’eux…

Au fond de mon sac, alors que je cherchais mes cigarettes, j’ai croisé ce vieil appareil photo numérique qui ne me quitte jamais. Pourquoi n’y ai-je pas pensé ? Je collectionne les photographies inutiles mais je n’ai pas été capable de penser à faire des photos de cette journée. Je suis si sotte. Au fond de ma poche, là où je viens de trouver mon briquet, j’ai deux petits ronds de tissu poilu, l’un rouge, l’autre jaune… Et devant moi, deux trains. Le premier, une vieille micheline jaune, taggée aux vitres griffées part vers Wimereux. L’autre, boiteux et blanc, n’a plus de vitres. Pas de destination, pas de passagers, pas de contrôleur. Je n’ai pas envie de rentrer chez moi…

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Mardi 18 janvier 2005
par SuzyBellule publié dans : Monoblog
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Mardi 4 janvier 2005
par SuzyBellule publié dans : Souvenirs
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Lundi 3 janvier 2005
par SuzyBellule publié dans : Monoblog
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Dimanche 2 janvier 2005

Il n’était pas bête Léon, juste traumatisé. Les psy disaient que ça allait passer. Je n'ai pas eu le temps de vérifier, le chat s'est chargé de son mal...

Mais après tout, ce n'est peut être pas plus mal. Arrivé avec 4 camarades dans le bassin du jardin, c'est le seul à avoir survécu à la drogue. Ah la vie dans un carrefour. Les seringues finissent vite leur vie dans le jardin. Cette fois, les poissons n'ont pas connu la Kronembourg mais l'héroïne. Léon, plus costaud, a survécu. Enfin, c'est vite dit. Il n'était plus que l'ombre de lui même... Suicidaire. Son cours séjour dans le saladier en pirex ne fut pas de tout repos. La nuit… « bloub flic, bloub flac, schplotch, bong bong » le poisson rebondit sur le plancher de la chambre. 3 fois, il m’a fait le coup mais la 1ère fois fut mémorable. Immobile sur le plancher, il avait rebondit 2 fois sur la commode pour s’échouer 75cm plus bas où, assommé, il avait cessé de bouger. Nageoires fixes et bronches paralytiques. La cuvette des WC n’était pas loin mais le brancard pour le transporter était aux abonnés absents. Alors comme pour toute veillée mortuaire, j’ai remis Léon dans son saladier. Miracle, les petites bronches de monsieur le poisson se sont réveillées, monsieur le poisson revivait !

Pour fêter l’évènement, je lui ai offert un verre à cognac de 10L en guise de bocal…

1an. Notre vie de couple à duré 1an. Tout allait pour le mieux. Stitch la chatte fragile lapait dans le bocal mais ne touchait pas à l’habitant. 8 granulés le matin, 8 granulés le soir. Et encore, il savait manger plus. Mais il allait déborder… Et le dessin… Léon était ma muse. 27 dessins d’actualité, de quotidien, d’humour : Il en a vécu des choses le poisson rouge !

Puis le, non, les drames. Le carrefour meurtrier, le chat, la nuit, le mec en voiture et pouinch le chat. C’était en novembre 2003…

 

Décembre 2003 arrive le successeur de Stitch, le vilain matou de garage. Sauvage et caractériel, il a tout refusé : Doc, Psycho-pattes, Bob le chat… Je m’étais rendue à l’évidence, ce chat n’aurait pas de nom.

Tout comme Stitch, le vilain matou buvait dans le bocal, mais comme les papillons : avec les pattes ! Plouf une fois, plouf 2 fois, gros plouf une 3ème fois, j’ai mis la tête du chat dans le bocal. Et il n’aimait pas ça. Je ne sais pas ce qui s’est passé à ce moment là. Léon a du faire une remarque déplacée, Le gros matou l’a pris en grippe. « Sushi tu finiras » a dit le chat.

 

Et ce qui devait arriver arriva, le 2ème drame. Une nuit silencieuse dans une grande chambre. Moi devant mon ordinateur, gênée par cette odeur. Je la connais, je l’ai déjà sentie… sur le port… Oh mon Dieu ! Pétrifiée, j’ai du mal à tourner la tête… Mais il n’est peut être pas trop tard ! Quart de tour de tête à gauche, le bocal est vide ! Marche arrière de la chaise de bureau, « chpouinch »… Maintenant il est trop tard.

Cette image, affreuse, même le chat a quitté la pièce, il n’a pas fini le poisson… Triste fin, coincé dans la roulette d’une chaise de bureau bleue pétrole. Le ventre ouvert, il sentait le bougre. Et les écailles sur le plancher, ça colle.

 

29ème dessin, le faire-part de décès.

par SuzyBellule publié dans : Monoblog
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Dimanche 2 janvier 2005

par SuzyBellule publié dans : Monoblog
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Vendredi 31 décembre 2004

J’ai pour habitude de dialoguer avec mon ordinateur. Comment ça je suis bizarre ? Et qu’un pantin en bois ai pour conscience un criquet en chapeau haut de forme et queue de pie c’est normal peut être ? Bref…

Alors pour la chronologie, Il y a d’abord eu Boris, l’amiga 600 en 89 avec qui j’ai découvert le monde pixelisé que j’ai vite trouvé plus attirant que le monde réel. En 99, j’ai récupéré Jack, encore sous windows 95 à l’époque. Haaa que d’émotions en découvrant les traitements de textes avec correcteur d’orthographe…

C’est en 2001 que j’ai trouvé en mon ordinateur un partenaire de confidences. C’était Beetlejuice. Et oui, encore un personnage de Tim Buton. Il fut remplacé en 2002 par Scooby-doo (tiens… changement de registre). Premiers vrais dialogues, premiers textes, premiers bidouillages informatiques…

En 2004, un orage, retour de courant dans l’ordi, la carte mère grille… Bye bye Scooby, bonjour Frankenweenie (re du Burton), l’ordinateur de secours, puis le portable (oui j’ai gardé le même nom pour les deux… manque cruel d’idée)

 

Michèle/Suzy – Frankenweenie – Les autres

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 « SALLY'S SONG »

I sense there's something in the wind 
That feels like tragedy's at hand 
And though I'd like to stand by him 
Can't shake this feeling that I have 
The worst is just around the bend 

And does he notice my feelings for him? 
And will he see how much he means to me? 
I think it's not to be 

What will become of my dear friend? 
Where will his actions lead us then? 
Although I'd like to join the crowd 
In their enthusiastic cloud 
Try as I may, it doesn't last 

And will we ever end up together? 
No, I think not, it's never to become 
For I am not the one 

 

Et ensuite ?

Tu veux la VF ?

 

« LA COMPLAINTE DE SALLY »

 

Il y a une ombre dans le vent...
Je crois qu'une tragédie m'attend
Comment lui dire comme je l'aime
Sans lui faire part de mes problèmes ?
Le pire est encore à venir...
Sait-il que pour lui
Je donnerais ma vie ?
Je rêve souvent
Qu'il m'aime éperdument...
Même si c'est un tourment.
Que deviendra mon bon ami ?
Où nous conduira sa folie ?
Autour de moi tout le monde l'acclame,
Mais je brûle d'une toute autre flamme.
Parfois la vie me semble un drame.
Saura-t-il un jour
M'offrir son amour ?
Saurai-je lui plaire ?
Ce n'est pas mon destin,
Et je l'espère... en vain.

 

 

Ouais ça résume bien les choses… Je comprends mieux ton attachement à Tim Burton. 

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Et pourquoi pas Rock Voisine ?

 

Alors tant pis si je me détruis
Et je fais le tour de mes mots, mes faiblesses et mes envies d'ailleurs
Et tant pis si tu m'interdis
D'être pour toi l'unique objet de ton désir...
Je reste pure
Malgré mes blessures

 

N’abuse pas quand même…

Ca te va bien pourtant… Tout à fait en accord avec tes sentiments débiles !

Oh… Toi t’as pas aimé la défragmentation…

C’est plutôt l’intégrale de la première saison de NY unité spéciale en VO…

Faut bien que je fantasme sur l’agent Stabler, tu refuses les photos de Terry Hulk Hogan…

Quels gouts… Trouve toi un GENTIL, pas FEROCE, qui ne pousse pas de CRIS en tirant un gars par les cheveux.

Une larve ?

Par exemple…

Non mais tu m’as vue ?!

Ah ouais, le pauvre, il ne pourrait pas survivre… En fait il te faut un gars au look légèrement efféminé genre Nicola Sirkis, avec le regard de Frédéric Diefenthal et la résistance de la chose dans les 4 fantastiques…

Olivier ?

Merde… ouais.

Et puis quand je pense à lui c’est pas la chanson de Rock Voisine mais plutôt celle d’Axelle red :

 

Quand tout est trouble
et me déçoit
c’est toi qui brilles
la pluie s’en va
le monde n’en rit
toujours pas
mon truc à moi
je pense à toi

█████████████████████████████████████████████████Tout le monde est un peu séducteur à partir du moment où il essaie de plaire à quelqu’un…

Ouais bah alors je dois être vraiment nulle…

Ou un sacré thon ! Muaaaaaahahahahahah…

█████████████████████████████████████████████████Un petit tour sur le tchat ?

 

Mimic :

non mais oh ! tu me prends pour quoi là ? je ne suis pas zoophile moi. vas t'en ! oust ! et écris en français s'il te plait, ça sera moins pénible à lire...

rachid5925 :

oui maitresse, jrampe a tes pieds

Mimic :

oh non mais en plus c'est une larve...

rachid5925 :

oui jsui ta larve, fai ce ke tu veu de moi

Mimic :

décidemment certains n'ont aucune fierté quand ils ont envie de tirer un coup...

rachid5925 :

sa texcite pas de faire ce ke tu veu de moi?

Mimic :

non désolée, j'aime les mecs

 

 

YOUNESS2005 :

salut

Mimic :

salut

YOUNESS2005 :

kel est ton jolie prenon?

Mimic :

oh le jolie c'est celui que j'utilise pour les dimanche et jours de fête... mais là on est mardi

█████████████████████████████████████████████████Je suis de celles…

 

Qui disent jamais non
Les "Marie couche-toi là"
Dont on oublie le nom

Yerf yerf yerf…

Idiot… La chanson de Bénabar c’est « j’étais de celles »

Oh la conjugaison et moi tu sais…

Tu comprends donc l’indispensable correcteur sur Word.

Certe…

Et puis ce que je voulais dire de toute façon, c’est que je suis de celles… qui ne sont séduites que par ceux qu’il ne faut pas.

Ah bah… Ce sont « les risques du métier » ça…

█████████████████████████████████████████████████Novembre… Tu sais que ce mois-ci on aurait fêté les 2 ans de mon bébé ?

Ca te travaille pas mal ça en ce moment.

C’est vrai.  Il y a tellement de naissances, grossesses, soucis dus à ça autour de moi que ça me travaille pas mal.

Tu aurais aimé le garder cet enfant ?

La question n’a pas eu lieu d’être !

Mais si la « petite graine fécondée » avait tenu le coup ? Tu aurais souhaité garder le bébé sans savoir si ******* allait suivre ni si tes parents allaient approuver ton choix ? Tu faisais tes études à l’époque et même si vous couchiez déjà ensemble, vous n’étiez pas si intimes que maintenant.

Je sais bien mais… Oui je l’aurais gardé. Avec ou sans le papa, avec ou sans les futurs grands parents, je l’aurais gardé.

Et tu regrettes ?

Je ne peux pas regretter… L’œuf n’était pas viable, c’est tout. Je pourrais regretter si c’était moi qui avais décidé d’interrompre la grossesse. Mais ce n’est pas le cas.

Et lui ?

Il reconnaît qu’il n’aurait pas été contre et que, quitte à être papa, autant l’être à mes côtés.

C’est gentil…

Il a toujours dit, avant même cette histoire, que je serais une maman géniale.

Et tu le crois ?

Cette fois j’aurais la prétention de croire que oui… Pour une fois que je crois en un compliment que l’on me fait !

Et si ça devait se reproduire ?

Ca serait volontaire…

█████████████████████████████████████████████████Je ne me ressemble pas.

A qui le dis tu !

Mais qu’est ce qui m’arrive ?!

Tu es une fille, c’est normal…

Mais ces envies sont animales !

Elles sont humaines !

Mais…

Qu’une jeune femme désire un homme… J’ai beau être une machine, je trouve ça tout à fait normal !

Peut être mais pas moi !

Pourquoi ?!

Je suis amoureuse d’Olivier… Et voilà que je me surprends à m’imaginer faisant l’amour à un autre.

Ca fait combien de temps qu’aucun mec ne t’a touché ?

Oh je t’en pris, pas de ça entre nous…

Mouarf tant que ça ?

Plus que tu ne le crois…

Raison de plus pour avoir les hormones aux aguets.

Lui ?

Vous vous entendez super bien, il est loin d’être moche… Et en plus lui aussi en a envie.

Ouais… Enfin bon… De toute façon, à quoi bon en parler, il ne se passera rien.

1h de TVG se fait tellement vite.

Dois je te rappeler que les aventures sans suite ne m’intéressent plus ?

Dois-je te rappeler que tu en as autant envie que lui ?

█████████████████████████████████████████████████samblue :

slt moi je suis bon comme le pain

samblue :

t muavais et conne je pense ...ya rien a faire

Mimic :

c'est fou comme un gars peut devenir vulgaire si on ne lui répond pas immédiatement.

samblue :

lol je suis pas mauvais mais je vais pas t'envoyer 10 messages pour que tu reponde et je confirme : tu es mauvaise lo

Mimic :

Merci... C'est un grand honneur pour moi.

samblue :

tand mieux aler ne m'emcombre pas G pas de temp a perdre avec des gens qui n'en valent pas la peine thanks

Mimic :

je me doute... tu dois prendre des cours de français... C'est très important ça tu sais... alors sois bien attentif.

Samblue :

Ta geul gro pédé

Je ne te savais pas à ce point aigrie…

Hooo… Si on ne peut même plus s’amuser… Tu as vu comme je change de sexe aux yeux du gars quand je me fiche de lui ?

Que veux-tu… Si tu n’es pas admirative devant lui, c’est que tu n’es pas une fille.

Le pauvre. Il va rester célibataire bieeeeeen longtemps s’il pense de la sorte.

Mouais… Moins que toi vu ce que tu les refroidis tous !

 

 

 

 

Abd'el59100 :

salu?

Mimic :

salu?... euh je dirais que c'est un T qu'il te manque... (j'adore jouer au pendu)

Abd'el59100 :

ah ouai g affair a une prof de francais excuse g pa mi le cécédille

Mimic :

s'il n'y avait que ça...

Abd'el59100 :

et tu fais koi dan la vie mademoiselle

Mimic :

Tu vas rire, je suis prof...

Abd'el59100 :

Tro for é de koi?

Mimic :

De langage SMS gros bouffon !

█████████████████████████████████████████████████Bon finalement ce n’est pas animal…

Elle raisonne enfin !

J’aimerais t’y voir ! Tu crois que c’est facile toi, d’assumer tous ces nouveaux sentiments ? D’admettre qu’au fond… C’est plus qu’une complicité amicale…

Holàlà… Cherche pas à réfléchir, tu vas très vite ne plus te comprendre. Fais plus simple.

Plus simple ? Ca ne l’est pas !

Mais si… Un monsieur, une demoiselle… Tous deux s’entendent bien et se plaisent… Où vois-tu des complications ?

La distance, nos cœurs plus ou moins boiteuses, la peur…

La peur surtout, non ?

T’aime ça hein ? M’embrouiller…

Ouais j’avoue, si j’en avais un, je prendrais mon pied !

Sadique !

.
.
.
.
.

Qu’est ce que je fais ?

Ce que tu conseilles à tout le monde : Laisse faire les choses…

Et risquer qu’il ne se passe rien ?

Bon bah alors fonce !

Pour le faire fuir ?

Rhaaaaa mais tu es fatigante tu le sais ?!

M’en parles pas… Je ne me supporte plus.

.
.
.
.
.

Je crois que tu as raison… C’est de la peur. Peur de me tromper, de tomber de haut, de le faire fuir…

Ouais en bref t’es rien qu’une trouillarde !

.
.
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.
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Te tromper… Tu ne peux pas te tromper. Vu ce que tu es chieuse là, tu peux être sure de tes sentiments. Tu as surtout peur de faire le premier pas.

J’en ai une peur bleue…

█████████████████████████████████████████████████Frankenweeniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie

Oh on se calme !

Ca va paaaaaaaaaas… Snirf !

Et c’est repartit. Qu’est ce qui t’arrive cette fois-ci ?

Il ne s’est pas connecté depuis vendredi soir.

Nous ne sommes que mardi soir.

Oui mais je m’inquiète. Il n’avait pas l’air très enchanté à l’approche de son week-end avec Elle et je me demande si ça s’est bien passé.

Jalouse ?

Pfff beuh non idiot. Tu oublies que je suis la fille spirituelle de l’Iceberg qui a coulé le Titanic.

Suis-je bête…

Je suis inquiète, voilà tout. J’ai toujours tendance à imaginer le pire et… Bah je continue encore et encore…

T’es incurable ma pauvre fille.

C’est comme ça qu’on m’aime.

Patience, il refera surface le bonhomme.

Mais quand ?

J’en sais rien… Tiens MSN vient de faire ding !

Les contacts qui comptent ne font pas ding mais croa…

Certes… T’es pas nette comme fille, tu le sais ?

Je sais, je sais, je devrais me faire soigner…

J’ai une question : S’il ne t’avais pas avoué l‘autre jour qu’il avait envie de toi et que c’était plus que passager, tu te comporterais pareil là ?

Je me comportais déjà comme ça avant. J’ai très vite adoré ce type. Tu crois que si ça n’avait pas été le cas je n’aurais pas affronté mes peurs pour lui en m’occupant de son expo ?

T’es chiante à toujours avoir le dernier mot…

█████████████████████████████████████████████████ « Il y a une oooombre, dans le veeeeeeeent… »

Oh merde elle recommence.

« Je crois qu’une tra-AA-gédie m’atteeeeeend…. »

Préviens quand tu as fini de faire ta pintade !

Oh hé ça va hein ! J’voudrais bien t’y voir !

T’as vécu pire…

Sur ce sujet, pas si sur…

Oh je sens le syndrome de Bridget Jones pointer le bout de son nez.

Ne raconte pas de conneries. Le fantasme Pretty Woman, ok, mais Bridget Jones… Merde je vaux mieux que ça tout de même !

Et bien prouve le !

Gnagnagna, je voudrais bien t’y voir !

Je suis une machine…

Je t’envie, tu le sais ça ?

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Je suis allergique…

A la laine vierge, aux feuilles de vignes et aux orties blanches, on sait ! Les effets sont toujours aussi rigolos d’ailleurs !

Ouais bah ajoute un département à la collection…

Héhéhé j’en étais sur. Embrasse JM pour moi.

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Je te trouve bien sage… En temps normal tu réagis de façon bien plus vive…

J’hésite…

Entre ?

Contacter Buzz ou débourser 400€.

400€ pour ?

Un tueur à gage. Tu crois qu’il fait les tarifs de groupe ? J’ai pas mal de nettoyage à faire !

Finalement tu n’es pas si sage que ça.

Tu crois que ma mère voudra bien me prêter sa paire de ciseaux rouillés ?

Internez la !

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A ton avis : regrets ou frustration ?

Si je te répond « regrets » tu vas me dire que je suis fataliste et si je te répond « frustration » tu vas me répondre que je suis une aigrie…

Tu n’as pas tort… Tu sais à quel point j’aime te démonter…

Des gens qui ne me connaissent même pas le font déjà très bien, ne te force donc pas.

Bon alors ta réponse ?

Egoïsme…

Pourquoi ?

Dois-je te raconter l’histoire de la cochonne d’Olivier ?

Ma pauvre, tu seras toujours une victime de ce genre de garces…

Et je n’ai que 22ans…

Tu vas souffrir encore looongtemps… Et le boulot ça se passe comment ?

Ta gueule !

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Dis Michèle… Tu crois qu’on peut être amoureux de deux personnes en même temps ?

Non…

Et tu crois que les filles qui disent « je te quitte parce que je t’aime » sont sincères ?

A mes yeux ce sont des hypocrites…

Et celles qui reviennent seulement quand une autre semble arriver ?

No comment…

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Tu me racontes quand même l’histoire de la cochonne ?

Oh non, j’en ai assez de ce genre de spécimen…

Pfff t’es pas cool… Juste la morale de l’histoire alors… 

Ok mais alors vite fait : La morale de cette histoire que je ne t’ai pas raconté, c’est qu’il y a 3 types de femmes (ou filles). Dans la première catégorie, tu trouves les filles qui gardent toujours sous le coude leur ex, au cas où elles ne trouveraient pas « mieux ». Lorsque qu’une demoiselle tourne autour de cet ex, elle s’empresse alors de refaire l’amoureuse pour ainsi se débarrasser de la concurrence.

Mais elle est vraiment amoureuse ?

Peut on réellement être amoureuse quand on « garde en stock » ?

Ouais bon question con… 2ème catégorie ?

Dans la deuxième catégorie, tu as les frustrées. Celles qui larguent mais, lorsqu’elles découvrent que leur ex plait à une autre, se déchaîne, perturbe et détruit.

Après moi le déluge ?

Non pas vraiment… Plutôt : C’est mon jouet je partage pas, même si en fait, je n’en veux plus.

Sale gosse !

Et dans la troisième catégorie, tu as les amoureuses. Celles qui se voueraient corps et âme mais qui ne font pas le poids face aux autres, car bien trop faibles. Ce sont celles qui aiment vraiment, celles qui dans le fond, s’en fichent un peu d’être ou non aimées. Le plus important pour elles, c’est d’aimer et de s’en montrer digne. Tant pis si le prince charmant est avec une autre, tant qu’elle ne trahit pas ses propres sentiments.

Les godiches quoi ?

GODICHE POWEEEEEEEER !

█████████████████████████████████████████████████Michèle s’endormit alors au son d’une douce mélodie de Won Il, couvrant à peine l’averse de pluie dehors et celle des larmes sur ses joues. Une petite flamme s’éteignit, pas totalement, et attend désormais d’être oubliée.

L’espoir… Parce qu’il y en a toujours dans son cœur, se fait discret, comme pour ne pas aggraver la plaie. Le cœur lui, restera dans sa petite cage et si besoin est, sera bâillonné pour ne pas se compromettre.

Michèle ne se réveillera pas. A avoir trop lu de contes de fées, par mimétisme envers ces princesses à l’avenir rose et tendre, elle attend le baiser du prince charmant… En supposant que celui-ci existe encore…

 

 

 

Michèle pense sérieusement fermer son blog, en prenant bien soin d’effacer les archives, ces confidences à l’inconnu qui se révèlent des poignards s’ils sont maniés par une main hostile… 

Elle n’aura pas l’injure de pleurnicher, ni de supplier. Le coup est dur à avaler, très dur… La peur est là, oui, mais aussi cette amertume, cette sensation que dans le fond, c’était évident…

Michèle s’en veut alors de ne rien faire, mais que pourrait-elle faire ? Lui dire ces « mots stupides » ? Il était trop tôt, maintenant il est trop tard…

 

 

 

 

Les yeux fermés, elle s’endormit d’un long sommeil, peut être réparateur… Les larmes coulent jusqu’à ses lèvres qu’elle voulait lui offrir. Et loin des océans, la nuit aura un goût salé…

 

 

 

█████████████████████████████████████████████FIN█

par SuzyBellule publié dans : Monoblog
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Vendredi 31 décembre 2004

J’aimerai devenir méchante, lui rendre tout le mal qu’il me fait. Seulement je ne peux pas. D’une part, car je suis une gentille, incapable de faire du mal, de détruire ou de rabaisser. D’autre part, car au fond de moi, je n’en ai aucune envie. Je l’aime, je ne veux pas lui faire de mal, bien au contraire. Et puis j’espère que tout ce mal n’est pas volontaire, qu’il ne s’amuse pas à me faire souffrir, qu’il s’agit là uniquement de maladresse.

Il connaît très bien la situation de mon côté, ce que je ressens, ce dont j’ai envie, la confiance et l’estime que je lui porte, mon besoin de le rendre heureux, de me vouer corps et âme à son plus simple bonheur.

Si on écoute les astrologues, tout devrait aller comme sur des roulettes. Il devrait « réaliser que cette douce personne pleine de gentillesse et de féminité ressemble étrangement à la femme idéale dont il a souvent rêvé. » Et en plus il redore mon blason cet astrologue… je l’aime bien lui… « Quant à la femme, un peu timide et réservée, elle se sentira en confiance avec son compagnon… » Tout à fait monsieur l’astrologue, vous avez visé juste… Mais alors pourquoi ne veut il pas de moi ? Il sait tout… Que je l’aime, que, visiblement, je suis celle qu’il lui faut… il est où le hic ?

« En effet, celui-ci, calme et affectueux, possède une sensibilité presque féminine qui le rend proche de l'autre sexe, et il sera de ce fait effectivement bien accueilli par l'autre. » Exactement ! J’ai d’ailleurs laissé mes armes sur le seuil de sa porte, j’ai baissé ma garde, je n’ai jamais entendu parler d’une quelconque hache de guerre…

Mais alors c’est quoi le problème ? Dites-moi monsieur l’astrologue ce qui cloche !

« Cependant, le problème est que ces deux êtres sympathiques se ressemblent trop, et qu'ils manquent d'énergie et d'esprit de décision. Ils sont toujours hésitants et ne savent jamais très bien de quel côté aller. » Certes… « De la sorte, le malentendu peut naître à tout instant entre les parties concernées. » Allez-y doucement monsieur l’astrologue, nous n’en sommes pas encore arrivé là, le problème est déjà bien avant cela.

« Chacun peut vivre dans un monde à part. Ils risquent de passer l'un à côté de l'autre sans rien y comprendre ! » Je refuse ! Je suis là, à sa portée ! Il n’a qu’à dire « viens » et je suis à lui, pour lui, avec lui… Je n’aurais pas de mal à lui être fidèle, je le suis déjà. Il est le seul à m’avoir touché (sens propre et figuré) depuis pas mal de temps, il a dans mon cœur la place d’honneur, j’ai toujours une petite pensée pour lui et je suis soucieuse de son point de vue dans mes faits et gestes.

Mais il s’en fiche, il préfère tenter sa chance ailleurs. L’esprit sportif ? Le refus de ce qui lui est offert ? L’espoir d’avoir « mieux » ? Tant pis, je ne l’attend plus. Je ne sais pas être méchante mais je refuse de devenir gourde. Monsieur croit au coup de foudre ? Bientôt il ne perdra plus ses plumes, il se brisera une aile.

Pour ma part, il vient de me donner un dernier coup en plein cœur, il n’y parviendra plus, j’ai remonté ma garde. Me jeter en plein visage son bonheur insolent, la perfection de sa dulcinée si belle, si intelligente, son clone féminin… Je me suis lassée. En temps normal, j’aurais interprété ses « elle est belle, intelligente, féminine, douce, je l’aime » en « tu es moche, idiote, lourde, brutale et je te hais » mais j’en ai assez de croire que tout est toujours de ma faute et que je suis la pire des créatures. Il ne trouvera plus en moi cette fille docile et dévouée. Je vais bientôt prendre un an de plus et avec lui, l’envie d’amour est de plus en plus pesante.

J’ai besoin de lui, je l’avoue, c’est lui qui m’a séduite, c’est lui qui a éveillé en moi cette envie de tendresse, de douceur, de quotidien à deux, mais il ne récolte pas ce qu’il a semé… Quelqu’un d’autre en profitera. Le cœur laisse place à la tête qui a décidé d’effacer avec hâte toute trace de ces sentiments fragiles, de ces pleurs inutiles car fuis et ces espoirs perdus.

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Vendredi 31 décembre 2004

réalité ou fiction ? c'est moitié moitié...



Le retour en famille pour les fêtes de fin d’année n’est décidément pas une joie pour moi. Depuis toute petite, j’ai toujours souhaité m’éloigner le plus possible de cette meute animale qui me sert de famille. Mon voyage en Espagne pour les études avaient été une aubaine pour moi puisque depuis, je ne suis jamais revenue ici, dans le nord de la France.

Mes parents ont toujours approuvé mon choix. Bien entendu, mon départ leur a fait énormément de peine mais très vite, se rendant compte au téléphone que je me portais bien mieux loin de la meute, ils en ont conclue que c’était bien mieux comme ça. La famille n’a pratiquement jamais eu de nouvelles de moi. Aux anniversaires et aux fêtes, je leur ai envoyé des cartes, terriblement impersonnelles sur lesquels il y était toujours représenté des animaux en pleine beuverie, ou d’autres cartes humoristiques. La seule chose qui pouvait leur donner des informations sur mon lieu de résidence était le timbre qui disait toujours : « correo de Madrid ». Mais ça, ils le savaient tous que j’étais partie en Espagne. Jamais, ni mes parents ni moi, ne leur avons dit ce que je faisais dans la vie. Personne ne savait si j’étais heureuse, mariée ou si j’avais un enfant. Il leur plaisait alors de croire que je galérais, mes cousins et cousines étant pour la plupart dans la mouise. A l’époque, tous s’étaient moqué de moi lorsque j’avais planté mon bac la première fois. Ils disaient toujours que j’étais une bonne à rien, que je passerais ma vie entre l’ANPE et les petits boulot de caissière dans des supérettes à l’avenir très éphémère. L’année suivante, en apprenant que j’avais obtenu mon bac avec mention, ils ont tout de suite déclaré qu’en faisant deux fois la même chose, c’était toujours plus facile. Ils avaient raison, mais au moins, j’étais fin prête pour les études à venir. Contrairement à eux, j’avais rangé mon orgueil dans la commode de ma chambre de petite fille et j’étais partie en Espagne en le laissant derrière moi. Pendant ce temps là, ils s’étaient reposés sur leurs lauriers ratant leurs études mais gardant en tête l’idée qu’ils étaient l’élite de la famille. Dans ses longues lettres, ma mère m’a souvent parlé de la troisième première année de faculté de mon cousin François, de la troisième terminale de Noèmie, du cinquième divorce de Karine, du bilan déposé de l’oncle Marc pour fraudes fiscales, du nouveau job d’Emmanuelle, des maladies imaginaires de Marianne pour éviter d’aller travailler… Mis à part Sébastien qui vivait heureux en Bretagne en tant qu’ébéniste et Arielle qui était à deux doigts de faire une formidable carrière dans la chanson, tous avaient échoué, alors, pour se consoler, ils m’imaginaient faisant le trottoir dans les impasses de Madrid ou servant des bières à des vieux alcoolos crasseux. La petite Luna qui n’avais pour seul objectif dans la vie de vivre heureuse n’avait pas pu s’en sortir dans un pays étranger. Ils étaient loin d’imaginer que je travaillais dans une entreprise sure à un poste important, que j’étais mariée, certes par accident mais je ne le regrette pas, à Alexandre, un jeune et célèbre toréador et que je vivais heureuse.