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Vendredi 6 mai 2005

Je n'avais même pas bu quand j'ai écrit ce texte... juste mangé un croque chocolat-banane trop cuit !


Il est temps pour moi que je vous le dise, je suis une princesse. Si, une vraie. Celle avec sa robe rose ridicule, sa couronne dorée coincée dans son brushing et son carrosse en citrouille. Bon ok ma couronne est une casquette Mc Donald et mon carrosse un transport en commun. Mais à part ça, je suis vraiment une princesse. Et comme toute princesse qui se respecte, je dois avoir un prince charmant.

J’ai donc essayé la méthode passive :

« Captive d’un dragon furieux, la princesse, du haut de sa tour, attend son prince charmant… » Evidemment, j’ai fait avec les moyens du bord : le dragon était un caniche conditionné tel un pitbull et la tour, ma chambre en triangle, allure cabine de bateau avec stores vénitiens trop grands. Le prince charmant n’est jamais arrivé, monsieur était trop flémard et il a envoyé son disciple, le soir de la St valentin, un type d’un mètre cinquante les bras levés, dix-huit kilos tout mouillé, avec sa guitare, son acné et son bouquet de rose, pour chanter l’amour à ma fenêtre. Ah le dragon était content. Il n’en a fait qu’une bouchée.

Il fallait donc employer les grands moyens, la méthode de la sorcellerie :

« …et le crapaud, sous l’effet du baiser de la princesse, s’enroula dans un nuage d’étoiles et devint celui qu’elle attendait depuis toujours… »

C’est joli non ? C’est ça ce qu’il me faut… J’ai donc investit dans une barque, un masque, un tuba et je suis partie en quête d’un point d’eau peuplé de crapauds magiques. Je me suis tout d’abord baladée sur la rive, embrassant crapauds sur crapauds… tout ce que j’ai attiré, c’est une haleine de cimetière barbare.

Je suis alors montée dans ma barque, rame à la main et je suis partie au centre de l’étang. J’ai regardé sur les nénuphars, tous étaient déjà casés… C’est alors que, sortit de nul part, l’esprit de l’étang me dit : « regarde sous le rocher du fond. »

Soit, qui ne tente rien n’a rien et plouf !

« bonjour le têtard… Excusez moi monsieur le nénuphar, vous pouvez bouger votre tige un peu ?… euuuuuh madame la sangsue ? Excusez moi, je suis perdue... je cherche le gros rocher du fond… A droite ? Puis tout droit jusqu'à l'algue. Je descend jusqu'à la taverne de la Garnoul' et après c'est la 3ème à droite ? Ok merci madame… Hey le voilà le gros rocher !… Oh il est lourd… Euh monsieur le poisson... je peux vous emprunter votre pied de biche ?… Ah ce n’est pas un pied de biche ? Ah c’est votre femme ? »

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Jeudi 5 mai 2005

Cette nuit a été différente de notre première. Si je ne le connaissais pas si bien, j’aurais pu dire qu’il tombait amoureux de moi. Le besoin de la relation sexuelle pour combler un manque finalement animal a laissé, le temps de ces quelques heures, la place au désir. Jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse être aussi doux. Je le savais câlin, trop peut être car ce trait de son caractère a déjà causé bien des dégâts en ma misérable personne. Oh il n’est en aucun cas responsable de cela ; il s’est contenté d’être lui-même. Je suis la seule fautive dans cette histoire ; la seule à m’être crue capable de résister à son charme.
Pourtant j’ai toujours su qu’il correspond en tous points à cet être recherché. A quelques détails près, son visage est celui que je m’étais imaginé pour le prince charmant de mes contes de fées aux fins heureuses. Son corps n’est pas excessif. Je ne saurais en faire le détail, il est un juste milieu entre la force de ses muscles et la fragilité de sa silhouette.
Sa peau pâle m’attendrit, ses épaules me rassurent, sa voix me berce, ses yeux me rendent docile, ses lèvres me font chavirer.
Je raffole de ses mains. Abîmées, la peau durcie par le travail, elles sont pour moi un trésor. Malheureusement celui-ci m’est interdit. Plusieurs fois cette nuit j’ai tenté en vain de me les approprier ne serait-ce qu’un instant, pour une complicité, une intimité supplémentaire. Mais à peine avais-je eu le temps de frôler ses longs doigts qu’ils m’échappaient déjà. Je me demande pourquoi il m’a ainsi refusé ses mains. Peut être qu’à ses yeux elles ont autant d’importance qu’aux miens…
La main. Finalement, le résumé de notre être. Je n’ai aucun mal à cerner la personnalité des gens rien qu’en regardant leurs mains. Les siennes sont assez grandes, aux doigts fins et osseux. Son travail les a rendues fermes, parfois rugueuses, souvent blessées. Mais elles sont aussi très douces dans leurs caresses, très souples dans leurs mouvements. Ses doigts me paraissent si fragiles et la peau tendre de ses paumes est terriblement attirante. Il est tout ça… Et comme pour laisser une distance entre nous, il m’a interdit ses mains.
Mais d’un autre côté, il a bien légué son corps à ma science le temps d’un massage. La jupe légèrement relevée, je tenais son corps entre mes cuisses. Je le possédais et mes mains avaient carte blanche. Les épaules, le dos, les reins à leur merci, avec pour seul mission, détendre et éveiller quelques envies peu avouables…

La nuit est finie, il fait jour. De retour à la réalité, j’ai du descendre de mon nuage. Finalement, rien n’a changé. Comme la première fois, je suis assise dans la gare, attendant un train toujours en retard. Ce n’est rien, je ne suis pas pressée de retrouver mon quotidien solitaire.
Je me mets alors à rêvasser, l’imaginant entrer en courant dans la gare, les jambes tremblantes et le cœur hystérique à l’idée d’arriver trop tard. Mais il me verrait et d’un pas décidé, marcherait vers moi. Et moi… hésitante mais ravie de le revoir si vite, je me lèverai de mon banc pour qu’il puisse me serrer dans ses bras. Son visage enfouie dans mon cou, je sentirai son souffle chaud tel un message pour me dire : si, quelque chose a changé… Mais tout ce scénario n’est qu’une fantaisie. Mon amour restera toujours notre fardeau. Sa punition d’être si gentil, ma plaie d’une telle faiblesse. Le train arrive, rien n’a changé…

La gare B., celle juste avant la sienne. J’ai beau rentrer chez moi, la voir après, elle restera celle « juste avant ». Je ne vais pas ailleurs, je retourne en arrière avec pour seul bagage le souvenir de ses caresses, de son visage endormis, et dans le creux de mes mains, l’odeur de son shampoing, tenace d’avoir tant joué avec ses boucles.
Ce n’est pas un jeune surfeur aux longs cheveux délavés mais un homme mûr aux cheveux bouclés. J’ai grandit, il en est la preuve vivante… et sûrement un peu responsable.

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Mercredi 4 mai 2005
Dans un saladier, posez pour base un cœur. Pour le diluer, mettez un zest d’imagination. Epicez le tout d’une pointe de peine, d’humour, de sarcasmes, et pour la couleur, mettez tout le sachet d’amour que vous possédez.

Afin d’enlever le goût amer de l’extrait de peine, saupoudrez le mélange d’une fine couche de tendresse et mélangez avec douceur… En fonction de la personnalité ou de l’humeur, voir du passé, vous pouvez ajouter sous forme de cubes confits un peu de rancœur ou encore des pépites de complicité…

Mettre sur papier et laissez le mélange pendre forme.

Vous pouvez alors servir avec une boule taquine, une crème d’amitié ou un coulis indécent…

Ok, j’ai fait mieux
par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Mardi 3 mai 2005

Une vielle dame qui se disait être ta grand-mère a frappé à ma porte un matin. Le visage à la fois doux et terrifié, elle est entrée et s’est assise dans la véranda où je prenais mon petit déjeuner. Elle a bu péniblement une tasse de thé, quelque chose la tracassait.
Néophyte le chat s’est blotti sur ses genoux et elle a pleuré. Silencieusement je me suis approchée d’elle et je lui ai pris la main. Elle tremblait comme une feuille. Je ne savais quoi faire, quoi dire…
C’est alors qu’un bruit dans la maison m’interpella. A mon retour, elle semblait avoir repris ses esprits. Droite sur sa chaise, tripotant sa cuillère, elle me parla de toi : « Mon petit fils est malade. Les docteurs ne savent pas ce qui lui arrive. Tout ce qu’ils ont su dire, c’est qu’il a besoin de repos. Mais je dois déjà m’occuper de mon pauvre époux et ma belle fille ne veut pas s’occuper de son propre fils. »
C’est ainsi que dans une ambulance, tu as traversé le pays jusqu’à moi. Je ne comprenais pas pourquoi ta grand-mère m’avait choisie. Tu as beaucoup d’amis, plus fidèles et plus solides que moi. Mais dans ton sommeil agité, c’est mon nom que tu prononçais. Parfois en simple murmure, d’autres fois tu le hurlais, comme un appel à l’aide, la nuit comme une déclaration d’amour.
Notre vie de couple dura deux semaines. Deux semaines à ton chevet, à te regarder dormir, à t’essuyer le front lors de tes cauchemars, à fermer les yeux et trembler chaque fois qu’un médecin te piquait ou manipulait… Mais surtout deux semaines rythmées par ta respiration fébrile. Ton visage torturé m’inspirait, tes gémissements m’apprenaient la tendresse, ta silhouette réveillait le désir, tes mains me fascinaient, ta respiration me berçait…
Mais un après-midi, réchauffée par le soleil timide du printemps, j’ai entendu ce souffle cesser. Je n’ai pas voulu ouvrir les yeux tout de suite. Notre parenthèse se terminait, je voulais en profiter une dernière minute… Ta grand-mère est revenue te chercher. Néophyte m’a câlinée mais j’aurais tant aimé sentir tes bras à la place.
Demain, ce sera notre dernier rendez-vous, en compagnie de ta famille, de tes amis. Ils se demanderont qui je suis mais peu importe, je me dois de venir, je te dois tellement.

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Lundi 2 mai 2005

Elle vient de rouler la moitié de la nuit dans sa vieille « tuture-mobil » comme elle aime tant l’appeler. Il y a quelques heures, elle était assise devant son ordinateur, discutant avec des gens : des inconnus de tous pays, des amis, et lui, ce contact auquel elle s’est tant attachée. Entre une conversation avec sa meilleure amie sur le dernier film du beau Banderas, un débat politique avec une poignées d’inconnus et les déboires amoureux de cet australien qui la fait tant rire, il lui avait raconté sa misérable vie. Sa webcam allumée, ses yeux étaient rouges d’avoir pleuré. Elle avait eu beau tout essayé pour lui remonter le moral, tout ce qu’elle avait obtenu, c’était un triste sourire.
Puis cette phrase qu’elle était loin d’imaginer. Pourtant, elle en avait déjà eu des menaces, chantages et autres « grandes décisions » d’en finir, mais venant de lui, c’était inédit.
« Je n’en peux plus de tout ça. Peux-tu me dire à quoi ça rime ? » Mais elle n’avait eu le temps de répondre, il s’était déconnecté.
Pour la première fois, elle avait vraiment eu peur et n’avait cherché à comprendre. Sans se donner la peine de prévenir qui que ce soit, elle avait enfilé le premier jean et le premier pull qui traînait, avait négligé de mettre des chaussures et avait sauté sur ses clefs.
Elle avait tremblé de tous ses membres et s’était rongé les ongles à chaque feu rouge. Puis elle était arrivée, là, devant cette porte qu’elle avait tant voulu voir.

Accueillie par la pluie, la voilà qui sort de la voiture se ruant sur la porte. Cette porte… symbole de tant d’espoirs… cette porte dont elle a tant rêvé… mais qui met tant de temps à s’ouvrir…
« ouvre moi ! » Elle panique. Sa voix est pleine de sanglots. La porte s’ouvre enfin et laisse apparaître un homme triste et fatigué. Il n’essaie pas de se justifier et elle le gifle. Le ton à la fois furieux et paniqué, son monologue hystérique est à la fois une remontrance et une déclaration. « Ne me fais plus jamais ça ! Je n’y survivrai pas… Ce n’est pas une vie que tu tiens entre tes mains mais deux… » une nouvelle étoile au fond de ses yeux, il l’embrasse, une main posée sur la hanche, l’autre refermant la porte. Il sait enfin à quoi ça rime et il veut le vivre !
par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Lundi 2 mai 2005

Bah oui, faut tout tenter... Ce jour là, je me suis jurée de ne plus jamais m'essayer à la poèsie. J'ai rechutté une fois. Sans commentaires ;-)


Il me faut un câlin
De petites galipettes
Un film en tête à tête
En mangeant de la glace

Je devrais avoir honte
De tenir ces propos
Mais l’hiver arrivant
Mon cœur paraît igloo

Un trop plein de tendresse
Et personne à aimer
Réfugiée dans mon quotidien
J’en oublie mes crapauds

Jeune princesse égarée
Vivant dans votre siècle
J’en envie mes grands-mères
La galanterie de leurs amants

Errant près de ton étang
Le nénuphar me guette
Prince encore inavoué
Mon baiser t’appartient

par Bellule publié dans : Textes
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Samedi 30 avril 2005

Le vent s’est engouffré dans la fenêtre ouverte faisant danser le rideau blanc. La lumière tamisée d’une bougie parfumée posée sur la table donne à ce salon des allures de retraite. Tout semble calme, à l’abris du monde : Le feu de cheminée crépite timidement, le bulleur de l’aquarium offre une musique relaxante. Dans le canapé, un homme s’est endormi après une longue semaine de travail. Son costume est légèrement froissé, la cravate desserrée ; la chemise sortie du pantalon a ses deux premiers boutons ouverts. Les yeux clos, il semble tellement vulnérable. Ses cheveux sont en bataille et une barbe naissante recouvre régulièrement sa fine mâchoire.
A moitié allongé, son bras pend négligemment du canapé, ses pieds sont renversés au sol, il ne s’est pas donné la peine d’enlever ses chaussures. La sueur perle sur son front plissé de haine. Quelle mauvaise journée…

Dehors, une voiture se gare. L’automobiliste reste là, les bras sur le volant, la tête posée dessus. Dans le pare-brise, son regard trahit la peine, la rage, la fatigue et un peu de douleur. Quelle mauvaise journée…
Les clefs de la maison dans une main, le carton à dessins dans l’autre, l’automobiliste sort une première jambe de la voiture. Le vent fouette son mollet. Il va falloir faire vite pour ne pas attraper froid. Ses talons claquent alors sur le trottoir jusqu’à cette porte adorée, ce vieux bout de bois qui sépare le monde de ce petit paradis hors du temps. La serrure est dissipée ce soir à cause du froid : La paix sait se faire attendre mais il faut rester calme, le bonheur est proche.

La porte une fois ouverte, une douce chaleur parfumée enivre cette demoiselle. Silencieusement, elle entre dans le salon et retrouve son amour endormi. Elle lâche négligemment ses clefs sur la moquette pour ne pas faire de bruit, aux côtés de ses chaussures à talons et de son carton. Puis de ses doigts froids, elle efface cette goutte de sueur sur le front vulnérable. Elle s’assoit sur le bord du canapé et regarde l’homme qu’elle aime se réveiller. Son visage s’est adoucit, toute la colère qu’il avait accumulé durant la semaine s’est évanouie à la vue de cet ange citadin en tailleur pourpre. Les dernières cicatrices de l’extérieure seront effacées par leurs caresses et baisers. Plus rien ne compte, ils sont ensemble. Qui a parlé d’une mauvaise journée ?
par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Vendredi 29 avril 2005

C’était encore une de ces soirées chics dont seule ma mère en avait le secret. Dans l’univers obscur du salon principal, elle invitait ses amis. Elle ne proposait jamais rien à manger. Parfois, elle proposait de vieilles boissons légendaires, héritage que nos cuisinières gardaient de leurs mères depuis des générations. Ma mère aimait mélanger les genres. Elle avait un style vestimentaire « après-midi thé et macarons entre copines » mais ne lâchait jamais le collier de son arrière-grand-mère. Elle portait des tailleurs très mode mais de couleur pourpre, noire ou vert anglais avec toujours une broche en étain très ancienne et un grand châle noir sur les épaules. Ses amies avaient un peu peur d’elle mais très vite, elles s’habituaient à son allure hybride, symbole de deux époques différentes.
Ce soir là, ma mère avait invité ses amies thé/macarons pour leur présenter d’autres amis de la famille et quelques beaux-frères et belles-sœurs car la famille de mon père était nombreuse. Ils n’avaient pas vraiment la même allure. Dans un comportement très digne et stoïque, ils arboraient des visages pâles, des longs cheveux soyeux, des yeux perçants et des habits sombres. Les femmes portaient de grandes robes anciennes et les hommes des costumes trois pièces d’un autre temps. Peu de sourires habitaient leurs visages. Certains étaient même silencieux à faire peur. Ils regardaient les autres de haut et semblaient choisir parmi les amies au style Impératrice Avon de ma mère.
Mon arrivée jeta un froid, choqué pour les amies de ma mère, fier pour la famille. Je portais une longue robe couleur jade. Mes longs cheveux blonds très clairs étaient en liberté et couvrait mon dos, dénudé par le décolleté qui se finissait là où la chute de rein invitait les yeux à visiter des paysages envoûtants. De l’autre côté de la robe, pas un seul centimètre carré de peau n’était nu. La gorge et le cou étaient couverts d’une épaisse bande de tissu, mes épaules étaient à découvert.
« Magnifique ! s’exclama un vieil oncle de mon père.
- Une silhouette sans faille. Ajouta un autre homme.
- Certainement maquillée par bistouri. Remarqua une amie de ma mère, mais personne n’y porta attention.
- Comme quoi Eric a quand même fait quelque chose de bien dans sa misérable existence. Bien qu’il ne fût pas digne de notre famille et de notre rang, il a su nous apporter une belle-fille tout à fait exquise et une enfant merveilleuse. Adélaïde, votre fille est tout simplement une véritable réussite. »
Je n’aimais pas ce genre de discutions. Ils finissaient tous par faire de mon père un véritable raté. Je n’ai jamais su ce qui s’était passé mais j’étais sure d’une chose, sa mort n’était pas naturelle. Il avait reçu un coup de poignard dans le cœur mais personne n’avait été arrêté pour ce meurtre. Son corps avait été brûlé puis les cendres posées dans une crypte au fond du jardin. Parfois, dans mes rêves, j’imaginais que c’était mon grand-père qui l’avait tué et une parole hantait mon esprit : « son sang était gâté. Il n’a jamais compris la chance qu’il avait eu d’être comme nous. Il était un danger pour notre secret. » Quel secret ? Quelle chance ? Jamais je n’ai compris ce que cela voulait dire. Je ne savais déjà pas si ces paroles avaient été réellement prononcées.
La soirée se poursuivait. Les amies de ma mère étaient éméchées et se laissaient séduire par les hommes, sous les yeux de mes tantes amusées. Ma mère, silencieuse, observait la scène et accueillait les époux de ses amies qui venaient chercher leurs moitiés. Elle les avait tous parqué dans un salon, plus petit et leur promettait de leur rendre leurs femmes. Au fur et à mesure que les minutes s’écoulaient, des femmes entraient dans le petit salon mais ce n’était pas les épouses désirées, trop occupées à succomber aux charmes des invités.
Je choisissais toujours ce moment là pour m’éclipser, au grand drame de ma mère. Jamais je n’avais assisté à la fin de ses soirées. En général, je montais dans ma chambre et lisais, un walkman sur les oreilles pour ne plus entendre les rires et le brouhaha de la fête mais ce soir-là, quelque chose dehors, dans la neige, retint mon esprit. Une ombre à côté de la crypte me regardait. Soudain, elle s’éloigna et disparût derrière la crypte. Curieuse, je sortis, enfilant mon manteau et marchais à vive allure vers la crypte. Il n’y avait rien. Pas même une trace de pas. J’avais sûrement rêvé. J’entrepris un demi-tour pour retourner vers la maison lorsque soudain, un homme se tenait devant moi. Le visage fin et pâle, les cheveux longs attachés et vêtu d’un grand manteau noir, il me regardait en me souriant : « Bonsoir Anna. Tu cherches quelque chose ? Où peut-être quelqu’un ? Me demanda-t-il. Son regard brillait comme celui d’un chat dans la nuit.
- En fait, je ne sais pas vraiment ce que je cherche.
- A mon avis, tu venais me rejoindre.
- Qui êtes-vous ?
Un ami de la famille, quelqu’un qui va leur rendre un petit service et aussi ton futur amant. Il avait passé sa main sous mes cheveux et me caressait la nuque.
- Amusant comme col. Remarqua-t-il. Gênant, mais amusant.
Je ne pouvais plus bouger. Je ressentais un mélange de peur et de désir. Je voulais m’enfuir, me réfugier dans ma chambre mais je ne voulais pas le quitter. Il me terrifiait et me passionnait. Je fus choquée lorsqu’il embrassa le peu de mon cou qui n’était pas couvert par le tissu mais pour rien au monde j’aurais voulu qu’il n’arrête. Mon manteau tomba sur le sol. J’avais froid, la neige frappait mon visage et mes bras qu’il serra fort dans ses immenses mains.
- Je m’appelle Chris. Sa voix raisonnait dans ma tête. Je n’entendais et ne voyais plus rien d’autre que lui, comme envoûtée par ses paroles. Il est temps pour toi de devenir celle que tu es vraiment. Ton père ne le voulait pas : grave erreur de sa part qui lui a coûté la vie. »
Il se baissa vers mon épaule, pris mes cheveux, les posa sur l’autre épaule, embrassa la première et y planta ses crocs. L’acte fut long, douloureux mais il y avait quelque chose d’agréable. Je me sentais mourir, mon souffle diminuant constamment mais je me sentais de plus en plus proche de lui, comme si le fait de me tuer nous unissait. Puis, brusquement, ce fut la fin. Mes paupières se fermèrent, mes bras tombaient le long de mon corps et mes jambes se dérobèrent. Allongée dans la neige, je sentais quelque chose de chaud couler sur mes lèvres qui envahit alors mon corps. Une nouvelle vie. Un autre souffle. Puis ce fut à nouveau le froid mais je me sentais mieux, comme nouvelle. Chris était là, il me tenait la tête. « Alors, bien dormi ?
- Comme une morte. » Il rit. « Le premier vampire avec humour! »
Il tendit vers moi une main ferme qui me tira debout. Il mit mon manteau sur mes épaules et m’accompagna vers la maison. Les portes des salons étaient grandes ouvertes. Dans le hall d’entrée, des corps gisaient. Les amies de ma mère et leurs époux étaient là, inertes sur le sol, la gorge ouverte. Dans les salons, d’un côté les hommes, de l’autre les femmes, semblaient repus de cette soirée : j’avais raté le dîner.

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Jeudi 28 avril 2005

Il était furieux lorsque nous nous sommes rencontrés sur cette plage. Il était beau, si grand et si fin dans son imperméable. Le poing serré, la mâchoire crispée et le regard rempli de larmes, il regardait la mer, debout juste à côté de moi, sans me voir. Son visage était incertain, hésitant, ne sachant trop quels traits adopter en de telles circonstances. Il se battait avec lui-même, pendant qu’autour de lui, ses cheveux noirs menaient une lutte interminable contre la tempête.
Ce fut la fureur et la haine concentrées dans la mâchoire crispée qui prirent possession de cet homme en un cri bestial, hurlé à la mer. Il venait de tout son être, du plus profond de son âme, de sa gorge. Son ventre en tremblait, son cœur se déchirait. Puis la peine l’envahit, son visage baissa à mesure que les sanglots se firent entendre. Ses épaules tombèrent, son dos se voûta, ses genoux flanchèrent.
Après de longues minutes de sanglots les yeux clos, il revint à la réalité, les yeux bouffis de larmes. C’est là qu’il m’aperçut, moi, si petite et si ronde à côté de lui, pourtant si solide face à ce grand gaillard effondré. A ma vue, son visage s’adoucit et il esquissa un sourire. Le regard absent, il me fixa ainsi de longs instants. J’aurais tellement aimé rougir, lui faire comprendre ce que je ressentais. Toujours à genoux dans le sable, il regarda la mer, gonfla son torse au maximum. Je m’attendais à un nouveau cri, plus sure et plus violent que le précédent mais il avait gardé son sourire. L’ai un peu fou, parla à la mer : « Oh toi océan… Oh toi étrange royaume… Nous t’implorons, nous, le grand Pierre et la petite pierre, nous voulons savoir ! Pourquoi… POURQUOI ?! »
La colère était revenue. Violemment il m’attrapa, se releva et prit de l’élan. Il voulait me jeter, m’éloigner de lui avec toute sa haine et toute sa peine, moi, dernier garant de ses états d’âmes. Mais le bras figé en l’air, il ne voulait plus de violence, il voulait le calme, le repos. Il desserra son étreinte, m’offrant celle qu’il devait privilégier à un oisillon blessé ou au poignet d’une femme.
Le poignet d’une femme… Dans la paume de sa main, il me regardait, attendri, et une larme coula de sa joue pour s’échouer sur moi. Elle était là sa haine, tout comme sa peine, juste dans cette larme que je possédais. Puis il referma la main sur moi, pour me poser au fond de sa poche, entre une lettre à l’écriture ronde et espiègle, juste quelques mots : « je t’aime Pierre » et une lame de rasoir, encore tachée de sang.

par Suzy Bellule publié dans : Textes
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Mercredi 27 avril 2005

(quand ce n'est pas la petite concierge, c'est le chat de gouttière qui écrit son journal... Petit texte écrit à Wimereux l'an dernier)


6h30 : Un réveil s’énerve. C’est dans la petite chambre, la chambre du père. Je le vois assez peu, il n’est pas là la journée.

7h00 : Il descend. C’est l’heure du premier repas. Je m’étire, saute du lit de la fille, mon amie, et de mon pas lourd encore endormis, je descends dans la cuisine en miaulant d’un air plaintif. Oh je sais bien qu’il ne me croit pas. J’en ai usé du miaulement. Mais il serait près à tout pour que je me taise pendant son café. Alors je saute sur le plan de travail, près de ma gamelle. Elle est en hauteur car César, le chien, mangeait systématiquement ma gamelle avant la sienne. Maintenant il n’est plus là cet abruti mais par habitude, je mange en hauteur. Finalement, je m’étais bien habitué à ce chien. Il était idiot, caractériel et sentait mauvais mais il était un bon défouloir. Depuis qu’il est parti, je me venge sur Lydia, la chienne hystérique d’à côté. Elle passe sa vie à aboyer, à menacer mon amie humaine avec ses crocs. Mais elle ne se laisse pas impressionner. Elle sait y faire avec cette saleté. En fait, elle sait y faire avec les animaux, sauf ceux de son espèce. Là c’est différent. La pauvre perd ses moyens devant eux. Je crois qu’elle est vraiment sauvage. Pourtant elle a un collier elle aussi. Il est fin, noir avec un drôle de médaillon dessus, tout bleu et qui ne s’ouvre pas… Je me demande où elle a mis le papier avec son adresse.

7h30 : Le père sort. Il ne reviendra pas avant plusieurs heures. Une fois ma gamelle finie et bien nettoyée, je remonte dans la grande chambre, fouiller un peu avant de me recoucher contre mon amie.
Sa chambre… hybride du jardin secret et du débarras. Je sais qu’elle a décidé de tout changer ici mais pour le moment, c’est assez effrayant. La décoration a plus de dix ans. Les murs sont noirs, les boiseries grises et il y a un dessin à même le mur. Je suis toujours surpris de voir qu’elle vit dans un espace aussi sombre, elle qui a besoin de couleur. Cela se voit à ses affaires, peluches, livres, bibelots, petites notes lumineuses qui peinent à égayer le tout. La seule chose noire qu’elle ai apportée, c’est cette lampe de chevet en forme d’éléphant. Elle même reconnaît que c’est une horreur mais c’est un éléphant, son animal préféré… enfin, après moi bien entendu. De l’autre côté de son lit, il y a une lampe de chevet très classique, d’un vert très doux sur laquelle elle s’est amusée à ajouter des étoiles brillantes dans le noir et un Petit Prince sur son astéroïde.
On retrouve ce petit personnage dans sa bibliothèque, ces espèces d’étagères métalliques sur lesquelles se trouvent tout ce qu’elle ose montrer : des bougies, des livres, ses cours, un pot de fleur vide que Félix son petit cousin a décoré d’une grosse coccinelle à l’air joyeux, une boite à deux tiroirs servant de boite à bijoux, ces petites babioles sans aucune autre valeur qu’affective.
A côté de cette boite, cette chose si rare dans sa vie : un cadre à photos. Hier, il y avait quelques photos se chevauchant négligemment mais elle m’a dit, en me grattant la nuque, qu’elle devait remettre du propre dans sa vie, notamment dans ce cadre. « je vais virer ce type là, ce mégalo. Et lui aussi. Je ne l’aime pas au point de l’avoir en photo dans mon espace. Mon ex ? C’est en fonction de toi, il ne t’aime pas… tu le veux quand même dans la chambre ? Les filles je les laisse, ce sont mes meilleures amies. J’aimerai une photo de Cécile d’ailleurs, on se voit peu elle et moi mais nous sommes amies depuis mon arrivée dans cette maison maudite. Je vais rajouter mon cousin Pierre, il est comme un frère pour moi… Oui Otto, je vais aussi mettre… (elle ne prononce jamais son prénom), ne me regarde pas comme ça… je suis amoureuse de lui, il sera dans ce cadre. »
J’aime quand elle me parle comme à un de ses semblables. Tout le monde se moque d’elle, la prend pour une folle, mais c’est sûrement grâce à ses heures de tête à tête que nous sommes si proches.
Juste devant la fenêtre, il n’y a plus rien. Avant, il y avait un vieux poste radio des années 30 et une table de bistro sur lequel se trouvait l’ordinateur. Maintenant, l’ordinateur est dans le séjour car le père se lance dans l’informatique, le poste radio a changé de chambre et mon amie pense mettre un salon en bambou à la place. Mais en même temps elle me dit « à quoi bon faire des changements ? Je n’ai qu’une envie, c’est de partir d’ici. Aller n’importe où, me trouver un petit boulot pas compliqué, un toit où je me sentirai vraiment chez moi, loin de tous ces vampires, ces soit disant amis qui profitent de notre naïveté… »
Je fais toujours parti de ses rêves d’évasion. S’il y a une chose qu’elle gardera de cette vie, c’est moi, son chat, le seul à lui être vraiment fidèle.

7h45 : Le réveil ! Non ! Hors de question qu’elle se lève avant de m’avoir fait un câlin !

8h00 : Je suis le chat le plus heureux du monde. Quinze bonnes minutes de papouilles… Quinze bonnes minutes de gratouilles sous le menton… Quinze bonnes minutes à lui faire comprendre qu’elle compte bien pour quelqu’un. Si un jour tu t’envoles, emmène moi avec toi.
Elle se lève, la journée commence. Elle a son rituel : d’abord la salle de bain où je ne vais plus depuis qu’elle m’a aspergée d’eau moussante (je lui ai rendu la monnaie de sa pièce avec mon bol de lait sur sa jupe bleue marine) puis elle descend quelques minutes plus tard faire un brin de ménage dans le séjour, met le lave vaisselle en route et c’est là que je demande mon deuxième repas. Les papouilles ça creuse… Je miaule. Elle non plus n’y crois plus mais c’est un jeu entre nous. Je miaule, et elle me répond dans une imitation maladroite de ce que je viens de faire. Je gagne toujours, elle déclare forfait en mettant des boulettes en sauce dans ma gamelle que j’avais soigneusement nettoyée. Mais elle se doute que j’ai déjà eu mon repas alors elle ne rempli qu’à moitié mon écuelle.
Puis après avoir mis de la musique elle remonte mettre le linge à sécher, cherche partout ses chaussures qu’elle abandonne toujours n’importe où, ouvre les rideaux de sa chambre (souvent au rythme d’Aretha Franklin) comme pour dire : « Que la journée commence, je suis prête… »

9h00 : Sa vie commence. D’abord le petit déjeuner : céréales au lait très froid pour qu'elles restent croquantes plus longtemps. Curieux, j’essaie de voler ces petits morceaux sucrés mais elle me surprend toujours. Je pense qu’elle a l’habitude maintenant : « Non Otto, je sais que mes céréales ont des allures de croquettes mais ce sont les miennes… » Et pour me venger je miaule encore. Ma vie s’est révolutionnée depuis que j’ai découvert les miaulements. Avant je les utilisais pour appeler de l’aide en pleine nuit, lorsque je ne savais pas descendre de cet immense arbre le long du mur. Il est juste à côté de la fenêtre de notre chambre mais rien à faire, je ne parviens pas à l’appuie.
Aujourd’hui, les miaulements me servent pour tout : jouer, agacer, appeler, demander, provoquer… Et ce matin, je veux grignoter entre mes repas ! « Arête Otto… Je peux manger sans avoir tes poils devant moi ? tu vas renverser quelque chose… Mais tu vas me laisser cinq minutes ? oh et puis zut, tu m’agaces, tiens du lait et laisse moi… » Et comme tous les matins, elle verse du lait à même la table en marbre.

9h15 : La voisine vient papoter, je casse le bol du petit déjeuner, elle vide le lave-vaisselle, un type vient passer commande pour les réparations de sa voiture (faudra que je l’attaque la prochaine fois… nous ne sommes pas à l’accueil du garage ici !).

9h30 : Téléphone. Elle ne demande même pas qui est à l’appareil. A peine a t’elle décroché que la voix commence déjà un monologue. Il faut au moins cinq minutes pour que mon amie prononce enfin un mot : « et ? » La voix recommence de plus belle. Puis après avoir prononcé sa deuxième réplique « merci, toi aussi, à demain » elle raccroche le combiné.

10h00 : place à l’anarchie. Les cours, le net, la lecture, l’écriture, une balade, il n’y a plus rien d’établit.

12h10 : Le père rentre. Je cours dans le couloir et miaule en le suivant pas à pas pour avoir mon troisième repas. Il me donne le reste de la boite, puis allume la télévision où je passerai le reste du déjeuner. Mon amie doit donc couper sa musique, elle se met en pause, vide, le sourire impersonnel, le regard absent, elle ne réagit pas aux attaques, à ses remarques… Ses seules réactions : « La voisine est passée, il n’y avait pas de courrier ce matin, un type est passé pour son problème d’amortisseurs, tu veux un café ? » En bref, rien de personnel.

13h30 : Il part, elle coupe la télévision avant même qu’il ai quitté le quartier, elle se met devant son ordinateur et parle avec ses amis à qui elle a toujours quelque chose à raconter, avec celui qu’elle aime (qui partira vite travailler), un autre qui la fait tant rire et qui l’attendrie, et ces deux autres, un gars et une fille dont elle me parle souvent et avec qui elle parle toute la nuit parfois : « Elle est vraiment gentille. Bien plus que les autres. Pourtant elle n’en a pas besoin… Elle ne me demande rien, juste d’écrire, comme lui. Il est très gentil aussi. Un peu spécial parfois, je me demande toujours pourquoi il me parle, pourquoi il a voulu m’ajouter à ses contacts. Mais j’en suis ravie en tout cas. C’est agréable, avec eux je peux parler de tout et de rien. Je peux me confier et je suis certaine qu’ils oseront aussi se confier à moi un jour… »

14h00 : c’est l’heure de sortir, de faire la tournée des gamelles du quartier. Je la laisse devant son ordinateur, avec son ami. Plus tard, la fille viendra et aussi l’homme qu’elle aime… Sa vie n’est pas ici, elle est partout dans le pays et même plus loin, avec ces gens qu’elle ne connaît que de façon virtuelle mais sûrement bien plus que ceux qui l’entourent. Si elle n’était pas si timide, je pense qu’elle les remercierait… mais son côté garçon manqué l’empêche ce genre de grandes déclarations. Mais une chose est sure, elle les adore.

19h00 : j’ai trop mangé… 6 repas c’est peut être trop. Je vais me coucher dans notre lit, en plein milieu, pour être sur de la taquiner jusqu’au bout de la journée.

19h02 : Le lit est déjà occupé, par un nounours, celui que son ex, celui qui ne m’aime pas, a offert. Misérable petit chat noir dénué de vie qui prend ma place quand elle pleure. Affreuse boule de poil qui me nargue, le regard vide, sur l’oreiller. Je me vengerai, cette nuit, j’attaquerais ses chevilles !
par Suzy Bellule publié dans : Textes
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