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Elle laime. Elle laime de lamour le plus tendre et le plus fidèle quils aient pu connaître tous les deux. Mais il ne veut pas delle. Pourquoi ? Elle pense connaître la raison : Elle nest pas assez bien pour lui. Mais finalement pourquoi serait-ce forcément elle, lindigne de cet amour ?
Il ne laime pas, juste bien
Cest suffisant pour un câlin coquin de temps à autre quand elle peut faire la route jusquà son lit mais ce nest certainement pas lui qui fera cette petite heure de route juste pour être en sa compagnie et il aura toujours une bonne excuse pour ça. Il semble très bien pouvoir se passer de la compagnie de cette jeune fille devenue femme. De toute façon, il trouvera très vite une fille « mieux » quelle. Elle nest quun passe temps comme les autres. Certains lisent, dautres retrouvent leurs amis, lui donne à cette demoiselle des rendez-vous impossibles.
Cette fois encore il lui dira quil a enfin trouvé lâme sur. Il a enfin trouvé une fille bien. Elle est comme lui. Elle est belle, elle, intelligente, elle le fait sourire et lui dit des « je taime » dès le premier soir en tête à tête. Mais encore mieux, elle ressemble à son ex. Celle qui la quitté pour une raison plus absurde encore que son obsession à lui de trouver un clone de cette ancienne dulcinée.
Une semaine plus tard il contactera celle qui laime pour lui dire quil est re célibataire
Encore une fois, celle quil avait croisée dans une fête et qui avait un petit cul sexy nétait pas sa dulcinée. Et elle, amoureuse, le consolera comme elle peut, encore une fois, en lui disant ce quelle aime chez lui. Pour un mec, être seul à 25 ans nest pas dramatique
loin de là. Mais comment lui faire comprendre quil ne fait pas fuir les filles sans dire à un moment « moi je ne te fuis pas » ça serait une déclaration trop directe et cest lui qui fuirait.
Alors cet amour, elle le range au placard car il est plus important pour elle de conserver un ami. Tout ce quelle veut au fond, cest quil soit heureux même si cest avec une autre. Elle a juste peur quil perde encore plus de plumes. Mais sil en perd encore, elle sera là. Fidèle au poste nimporte quand. Il a une place privilégiée en elle. Elle se pliera en quatre pour lui venir en aide. Elle est prête à lécouter, lui remonter de moral, essuyer ses larmes et même remonter ses manches sil le faut. Elle fera tout pour quil soit au mieux de sa forme. Mais lui en ferait-il de même ? Fait-il attention à elle finalement ? Et si elle partait, lui manquerait-elle ? Toutes ces questions la hantent mais elle sen fiche. Elle laime et le laisser serait être infidèle à cet amour quil refuse certes, mais qui est certainement le plus beau quon lui a un jour porté
Voici une bien étrange sensation que la peur. Mais le plus surprenant reste notre comportement face à elle. A la fois, et cest bien là la définition même de la peur, nous sommes terrorisés et lenvie dêtre loin nous envahit mais en même temps, un autre sentiment arrive, peut être par masochisme : lexcitation. Et nous savourons cet instant de toute notre adrénaline et de tout notre courage. Nous nous surprenons à prier le ciel afin que rien ne nous arrache à cette cruelle solitude. Que rien ne nous rassure, que rien ne nous prouve quil ny a aucun danger. Nous sommes seuls face à notre peur, il sagit là de "notre" combat
Jai découvert cela cette nuit. Après un mois dabsence, je suis rentrée chez moi, dormir dans ma chambre, cet univers si familier. Seulement je nai pas trouvé le sommeil. Pour une mystérieuse raison, je fus prise par la peur.
Le visage enfouit sous la couette, je me protégeais du décor. Tous ces objets accumulés au fil des années, ces valises, cette affreuse lampe en forme déléphant, cette marionnette rose suspendue au centre de la pièce, ce vieux salon délavé éveillaient en moi ces peurs quils mavaient épargné durant mon enfance. Toutes ces babioles pleines dhistoire censées me réconforter étaient devenues mes ennemies, comme pour me punir de tant dabsence. Blottie au creux de mon lit, je nosais sortir le visage, de peur de découvrir un quelconque mort-vivant puant et vert de putréfaction à mon chevet, regardant fixement et plein despoir le bord de la couette attendant dy voir apparaître un bout de bras dénudé quil aurait pu, affamé, marracher violemment.
Et je mourrais de soif dun dîner trop salé et trop arrosé. Lenvie de boire devint vite un besoin pressant mais entre la porte, symbole de la paix du doux foyer en période de fêtes et mon lit, se tenait Jarod le vieux mannequin en bois et plâtre, fière trouvaille dans une arrière boutique qui, dans mon délire de cimetière déserté, allait évidemment se réveiller à mon passage, le regard vide et les dents couvertes de moisissure pour mattaquer.
Rien de tout cela nallait arriver, je le savais bien, mais à vingt et un ans, je découvrais enfin cette peur qui ronge les enfants de quatre ans à lapproche du coucher
Les adultes ne comprennent pas. Mais il est là, sous le lit, le monstre infâme aux cheveux daraignées et doigts de serpents. Ils sont affamés ces reptiles et seul dans son lit immense, lenfant sait quil est lunique repas réclamé. Les grands ne lont pas écouté, pourtant il sait, lui, que la lumière effraie ce monstre. Lobscurité sera donc son cercueil. Quand le monstre étendra ses longs bras pour lembrasser, il ne criera pas. Plein de courage, il affrontera son destin comme un homme, sans appeler au secours. Car le monstre est bien trop puissant ! Ce ne sont pas deux malheureux adultes qui pourront laider. Alors pour les protéger de ce triste spectacle et pour éviter que le monstre ne les dévore, lenfant se taira. Griffé, mordu, dévoré Voilà ce qui lattend dici les prochaines minutes alors il guette la respiration du monstre pour savoir sil est proche ou non et cest ainsi quà quatre ans lon sendort


