Oh… mais je ressors de vieux trucs moi… Bon alors j’explique vite fait quand même, sinon vous allez m’appeler les petits hommes en blanc pour m’embarquer et vous savez comme le bellulien est jaloux… Alors ce texte est un défi lancé sur le groupe msn qui m’avait pas mal aidé à m’ouvrir aux autres par le biais de mes textes. Le thême du défi était de mettre en scène 2 personnages de fiction et de faire l’histoire avec une liste de mots obligatoires tels que machin, poulain, anti-sudorifique, ecchymose ou encore ratatouille… Cela nous a valu pas mal de neurones à crête, de rires et de doutes sur notre santé mentale…
Tout deux assis dans un canapé, Albator écoutait patiemment son amie la fée Clochette conter sa triste histoire entre deux sanglots.
Sa liaison avec le rat Tatouille n’avait pas été de tout repos. Qu’avait-elle bien pu faire avec ce rongeur ? Il est vrai qu’il avait le charme espagnol, l’accent chantant et le regard envoûtant sous ses paupières un peu lourdes. Malheureusement, il en avait aussi la pilosité. Mais Clochette s’en était amouraché et ces poils abondants ne la traumatisaient pas plus que ça. Elle avait même fini par trouver un certain charme à ses poils, jusqu’au jour où l’anti-sudorifique passa à la trappe.
C’était là le symbole de la rébellion hygiénique, et du laisser aller.
Après quelques mois à subir l’haleine avinée de son rongeur et ses sautes d’humeur, elle avait pris ses clics et ses clacs, tout son petit bric-à-brac de fée, poudre, baguette magique et sèche-cheveux (pour son brushing) et avait entrepris une fuite savante et silencieuse.
C’était sans compter la mi-temps du match de coqs retransmis à la télé et le passage obligatoire au frigo qui mena Tatouille dans le couloir. Face à sa petite victime les bras chargés de valises, il était alors entré dans une colère folle, frappant tout ce qui lui venait à portée de main. Clochette avait alors reculé petit à petit dans l’espoir d’échapper à son bourreau, mais 2 petites ailes ne faisant pas le poids face à 4 pattes trapues, elle avait été vite rattrapée et gifflée au bords des escaliers.
Elle était ressortie avec quelques ecchymoses de sa chute, rien de plus, mais y avait perdu foi en l’amour.
N’ayant nulle part où aller, Tatouille ayant fait fuir tous les amis de Clochette, il ne lui restait plus qu’Albator et les sucreries. Elle s’était alors rabattue sur le chocolat. Malheureusement, prisonnière de l’espace à bord de l’Arcadia, vieux vaisseau corsaire de son ami Albator, elle n’avait pu trouver que du chocolat Poulain (grand arôme ?) et s’était alors remise à pleurer.
Pour une jeune fée née dans les roses se retrouver ainsi confinée dans un machin métallique à manger du chocolat industriel était le coup de grâce. Mais elle était de nouveau en sûreté auprès de son ami corsaire, loin de la violence conjugale et des égouts.
Que serait-elle devenue sans son ami de toujours ?
Albator et elle s’étaient rencontrés au collège, à l’age des comédons purulents et des amourettes au couvre-feu de 22h.
Assis côte à côte lors du cours sur le théorème de Gauchy en mathématiques, elle était alors parvenue à ce que l’élève dissipé à la cicatrice rebelle arrête de se faire des lignes de dentifrice, drogue malheureusement répandue dans le milieu scolaire. Bien entendu, son sourire en avait pris une claque au grand désarroi des pompons girls qui le bannirent du club des sourires éblouissants.
Ainsi rendu à la liberté, il jeta son dévolu sur la frêle Clochette qu’il emmenait partout, de 14h à 18h le mercredi après-midi à bord de son scooter rutilant, fraîchement lavé avec ce qui lui restait de drogue buccale.
Mais l’année scolaire touchant à sa fin, le BEPC en poche, Clochette partit pour la Fairy Academy, laissant Albator seul sur son scooter.
Jamais il n’aurait cru la revoir après tant d’années, et encore moins en pleurs. Mais elle était bien là, plus belle que jamais dans sa fine tunique verte et le corps plus femme. Oh il sait bien que son vaisseau est loin d’être un paradis pour une fée mais à la prochaine halloween, il lui sculptera un palais dans une citrouille.